Isa's profileZlarin, petite île de mo...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
March, 2007 kORCULA croise l'épéeLa danse des épées, ou moreska, est une tradition propre à l'île de Korcula, où elle se perpétue depuis plus de quatre siècles.
Elle évoque l'éternel conflit opposant le blanc au noir, autrement dit, le bien au mal, et, par extension, les Chrétiens aux Turcs.
La ronde guerrière se déroule, selon un rite immuable, sur la place principale de Korcula.
Un premier chevalier, entièrement vêtu de noir, enlève une jeune fille.
Un second, le chevalier blanc, paradoxalement drapé de rouge, part libérer la captive à la tête de son armée.
Les ennemis se font face et croisent l'épée.
Les soldats leur emboîtent le pas. Un orchestre de cuivres accompagne la bataille. Il accélère le rythme au fur et à mesure qu'approche son issue. Les hommes en noir reculent. Bientôt, ils mordent la poussière. Leur chef est contraint de se rendre. Le chevalier blanc délivre alors la prisonnière de ses chaînes et la serre dans ses bras. La moreska connaît des variantes en Espagne et en Sicile, où elle symbolise aussi la lutte contre les Maures.
L'étymologie de moreska se rapproche de morisco, maure en espagnol. A Blato, sur l'île de Korcula, survit une autre forme de danse des épées, la kumpanija. Elle figure la résistance aux Turcs en même temps que la lutte contre les pirates, mettant en scène les " kompanije ", soldats réserviste jadis chargé de la défense de l'île. Le spectacle prend toute sa dimension à l'apparition du porteur de drapeau.
La mostra est un autre combat à l'épée, rythmé par le son des cornemuses, et qui, autrefois, se concluait par la mise à mort d'un taureau.
clic sur la photo pour l'agrandir ! La tradition du costume de ZLARINUn peu après l'année 1800, les pêcheurs de corail de Zlarin avaient recueilli une grande quantité de corail et tout Zlarin s'était réjouie des futurs bénéfices aussitôt la prise aurait-elle été monayée. Les pêcheurs offrirent le corail à d'anciens clients mais personne n'était intéressé en raison d'une offre élevée. Ils firent donc route à bord d'un navire chargé du corail jusqu'à Trieste mais les commerçants ne voulurent même pas y jeter un coup d'oeil. Quelqu'un les dirigea vers la foire de Sinigagli en Italie où ils pourraient vendre le corail ou bien l'échanger contre une autre marchandise. Pendant plusieurs jours ils ramèrent le long de la côte italienne et ils arrivèrent alors que la foire avait déjà déballé son offre. Les pêcheurs de corail offrirent leur marchandise mais il n'y avait plus de négociants qui auraient pu être intéressés ne fut ce que pour un échange. Après avoir longtemps déambulé ils trouvèrent un certain génois qui avait fourni des étoffes religieuses mais n'avait réalisé que de maigres affaires. Au terme de longues discussions ils parvinrent à lui échanger tout le corail contre 1000 mètres d'étoffes religieuses. Il ne fut pas possible de s'assurer de quoi que ce soit d'autre.
On reprit la route en direction de Zlarin. A destination ce fut le scepticisme ( que pouvait-on faire avec un tel tissu ?)
Au lieu de l'argent les pêcheurs se partagèrent l'étoffe et convinrent d'arborer le rouge un certain dimanche. Au début il y eut des rires et des plaisanteries sur le compte des " rouges " mais pour Noël tous les habitants de Zlarin avaient déjà revêtu des dolmans*rouges qui étaient à la mode à cette époque. Ils allèrent jusqu'à faire tailler un beau dolman pour le premier responsable de la municipalité. Le dolman plût tant à ce dernier qu'il le porta maintes années. C'est ainsi que le corail dicta ce qui dans les années à venir allait être le costume masculin de Zlarin.
Par la suite ce costume masculin de Zlarin disparut complètement, c'est pourquoi je n'ai pu retrouver de photo.
La tradition du costume féminin de Zlarin est tout autre. La large jupe bordée de rubans rouges sur le " treillis " avec une ceinture autour de la taille, une chemise blanche, un gilet et une jaquette produisent une élégante combinaison, encore rehaussée par la taille des sveltes Zlarinoises. Le costume des femmes de Zlarin est resté jusqu'à ce jour la partie la plus précieuse de la tradition de l'île. On la préserve encore jalousement.
* le dolman est une veste militaire à brandebourgs (ornement de broderie ou de galon réunissant les boutons de certains vêtements) . Elle a été empreintée par l'allemand et le hongrois d'un mot turcs: doloman "costume turcs ". March, 2007 Histoire de l'île de ZLARIND'origine Slave, pour ceux qui ne le savent pas ! mes souvenirs d'enfance sur cette petite île Dalmate, l'envie de vous faire partager ce lieu si beau et cher à mon coeur on fait que je me devais de vous faire découvrir son histoire... Zlarin est une île dans l'archipel de Sibenik. Elle est localisée à l'entrée même du chenal de Sibenik. Depuis toujours elle a joué un important rôle stratégique de gardienne de l'entrée du chenal St Ante, de l'embouchure du fleuve Krka, du lac de Prokljan, de l'antique Scardona ( Skradin), et plus tard de la ville croate de Sibenik. Elle est l'une des six îles habitées de l'archipel de Sibenik tout en étant la plus proche de la ville de Sibenik dont elle se situe à 6,5 km de distance. Sa surface est de 8,19 km2 et elle possède 18,7 km de côtes découpées. Sa colline la plus élevée est Klepac qui s'élève à 170 m au-dessus du niveau de la mer. Entre deux bas monticules se trouve le vaste champ de Zlarin où l'on cultivait autrefois la vigne et les oliviers ainsi que des amandiers et des cerisiers. Ces dernières année les oliviers resurgissent et les pins dispersés à travers toute l'île confèrent une luxuriante verdeur à Zlarin.
Le climat est méditerrannéen grâce à la mer et aux doux vents d'été. Il en va de même pour l'hiver avec peu de précipitations et beaucoup de soleil. Le maximum de précipitations se produit en automne et au début du printemps. En été, la mer qui atteint les 20 mètres de profondeur a une température allant de 18 à 24°C. Avec un ensoleillement annuel de 2560 heures Zlarin compte parmi les îles les plus ensoleillées de l'Adriatique. En été, l'exposition au soleil tourne autour d'une moyenne de 12 heures par jour. Un tel climat favorise la végétation méditerranéenne, de préférence la flore aromatique. Il y a de nombreuses plantations d'amandiers, d'oliviers, de cerisiers et de vignes. On cultive les pommes de terre, les fèves, les haricots, les pois et surtout les tomates.
En raison de sa situation aux abords d'une voie maritime qui se dirige le long de la côte depuis le sud vers le nord, et inversement, Zlarin constituait un point de mouillage dont la sûreté remontait aux temps les plus reculés. Elle était bien protégée du sirocco, du vent d'est et dans une certaine mesure de celui du nord. L'endroit était pourvu de sources d'eau potable situées le long du rivage.
Des pirates et des visiteurs fréquentaient souvent l'endroit et par mesure de sécurité les habitants avaient fondé l'agglomération de Borovica, loin de la côte. Plus tard de riches Romains y construisirent des maisons de campagnes. On présume sur base de certaines trouvailles que des individus de l'âge de la pierre vécurent sur Zlarin (deux haches en pierre ont été trouvées), lesquels indivisus seront refoulés par des nomades et des Illyriens au 3ème siècle av. JC. Les Illyriens construisirent des gracinas au sommet des collines et de là ils allaient surveiller les troupeaux tandis que la garde y montait le guet pendant la nuit. La colline de Gracina atteint 93 mètres et se trouve du côté nord-est dans la partie centrale de l'île. On enterrait les morts dans des tumulus dont certains ont été découverts en divers endroits de l'île. Il en existe deux dans la région dénommée Pod Kosiric.
Cette partie de l'île est la plus intéressante sur la plan archéologique. Du côté le plus ensoleillé en bord de mer se trouvent des vestiges romains qui ont été mis à jour. Par ailleurs les maisons de Trut recèlent des traces du 14ème et du 15ème siècle, à l'époque où ce domaine appartenait au noble Kosiric de Sibenik. Toute la région a été dénommée Pod Kosiric. Déjà sous les Romains un étang se situait devant le domaine. Par moment il était à l'état d'abandon puis on le réaménageait. A l'entrée du domaine se trouve actuellement un portail (portun) en pierre avec un blason majestueux sur lequel on observe des branchettes et un poisson en plus de l'inscription " SUB UMBRA" (ombrée) et les lettres " CI". Selon l'historien don Krsto Stosic, le propriétaire entendait par là: " Je me tiens à l'ombre en été et la nuit je pêche le poisson ".
Il existe diverses interprétations sur le nom de Zlarin. Pour certains elle aurati reçu son nom du latin Aurea Insulae- l'île d'or. D'autres envisagent le terme phénicien " zarim" qui signifie archipel ou encore les racines herzégoviennes de la population immigrée qui aurait baptisé son nouveau lieu de séjour du nom de Zlarin en fonction d'une région bordant la Neretva qui rappelle la baie de Zlarin. D'autre part la colline la plus élevée Klepac serait en rapport avec le village Klepci dans la vallée de la Neretva. D'autres appellations provenant de cette région existent dans certaines localités de Zlarin.
Dans les documents les plus anciens le nom de Zlarin a été inscrit pour la première fois en 1298. Sur les cartes vénitiennes outre le nom de Zlarin on trouve également Slarin.
A partir de 1298, Zlarin fut la possession féodale de l'évêché de Sibenik mais au fil des ans et des siècles de plus en plus de personnes physiques entrèrent en possession de parcelles de terres. Les taxes que les serfs devaient concéder à leurs seigneurs ou à leurs prébendiers de l'église provoquaient souvent des lititges que les autorités vénitiennes et austro-hongroises, puis française, résolvaient fréquemment par des menaces, des rappels des devoirs et même des pénalités.
Il existé peu de données sur la colonisation de Zlarin. On peut malgré tout reconstituer avec une quasi certitude les déplacemens et la vie sur les rivages des îles d'après les récentes trouvailles archéologiques sur l'île ou d'après les découvertes de navires ayant sombré avec leurs chargements sur le territoire de l'Adriatique centrale. Les voies maritimes s'étendaient du sud vers le nord en empruntant la route la plus sûre au travers des îles de la Dalmatie centrale. La navigation en partance du nord vers le sud suivait le même trajet. Quiconque provenait de ces navires, qu'il soit marin ou marchand, produisait une certaine emprise culturelle sur le gens des rivages et recevait en retour l'influence de leur mode de vie, de leur culture et coutumes. Depuis toujours la vaste baie de Zlarin avait été un point d'ancrage fiable, y compris pour les grosses embarcations. Les sources d'eau potable à proximité même de la rive offraient la possibilité de renouveler les réserves. Les anciens Illyriens ont laissé de nombreux vestiges dans leurs gracinas et tumulus, quant aux Romains ils auront légué les premiières églises et élevages de poissons. Le moyen âge transmit le style des maisons de campagne des seigneurs de Sibenik, mais aussi des écrits religieux et de nombreux documents de réglementations administratives.
Le serfs et les pêcheurs peuplaient l'île sur laquelle les seigneurs se rendaient par intermittence, le plus souvent en été et à l'époque de la moisson.
Dans les privilèges conservés des rois croato-hongrois, depuis Bela IV en 1241 et les souverains qui lui succèdent jusqoue Sigismond, Zlarin est mentionnée comme faisant partie intégrante du territoire de la ville de Sibenik. Puisque liée à Sibenik, l'île de Zlarin allait partager le destin de celle qui sera ville royale du Royaume de Croatie puis se retrouvera sous les Arpadovic, ensuite les princes croates qu'étaient les Subic ou d'autres gouvernants. Plus tard Sibenik traversa les guerres que se livraient entre les viles dalmates et elle partageau leur résistance face aux visées vénitiennes jusqu'au début du 15ème siècle. C'est à ce moment là que la domination de l'état vénitien s'affermit sur le territoire de Sibenik. Par l'accord du 30 octobre 1412, Sibenik allait accepter le pouvoir de cet étét et rester dans son giron jusque l'année 1797.
Les conditions générales et la sécurité d'existence sur l'île de Zlarin furent semblables à celles d'autres îles de la Dalmatie durant cette période s'étalant depuis le moyen âge jusque 1797. Il n'existe pas de données concernant le sort de Zlarin pendant les nombreux assautes des Vénitiens contre Sibenik et son territoire. Cela vaut plus spécialement au moment des règlements de compte avec les Vénitiens pendant la seconde moitié du 14ème siècle sous Louis d' Anjou, lorsque la Dalmatie put temporairement se remettre du cauchemar vénitien. A l'époque des guerres des Uscoques dans l'Adriatique au 16ème et 17ème siècle, il y a de plus en plus de localités et d'îles dans l'archipel de Sibenik qui sont référées comme des abris ou des points d'appuis pour les Uscoques. De surcroît il y a le danger turc. La plus lourde menace date de 1646/47, quand l'énorme puissance turque attaqua Sibenik à partir du continent. Les navires turcs avaient bloqué l'entrée dans la rade de Sibenik de manière à faire peser un peril immédiat sur Zlarin. Dès le milieu du 16ème siècle, l'administration vénitienne avait érigé la forteresse relativement solide de St Nikola à l'entrée du canal de Sibenik afin d'en défendre les accès. Elle ne profita pourtant pas à la défense de Zlarin d'autant plus qu'il n'y avait pas de navires vénitiens dans les parages.
Les laboureurs de Zlarin vivaient des circonstances historiques tout aussi difficiles. Les chanoines, prébendiers et autres seigneurs qui avaient acquis des possesssions sur Zlarin vivaient à l'abri des murailles des villes et ne séjournaient qu'à titre temporaire dans leurs résidences d'été sur Zlarin.
A l'époque de la terrible peste de 1694, les villas des nobles de Sibenik sauvèrent la vie de nombreux habitants de cette ville qui avaient cherché leur salut sur Zlarin. L'île comptait alors les villas des famillles nobles suivantes: Dominis, Kosiric, Sizgoric, Muzic, Contarini, Prahuiljic, Divnic, Casinelli, Denigrio, Semonic, Andreis, De Gala, Lando, Protos et Fontana. Le célèbre évêque Ivan Tonko Mavranic possédait une maison paternelle et un vignoble sur Zlarin. Il y séjournait souvent. Le vieux château à Bucina a été construit par le prince Konstentin Lascari de Sibenik. Plus tard ce château entra en possession de la famille Zuliani et après la réforme agraire, autour de 1933, la plupart des terres devinrent propriété de leurs serfs d'alors, la famille Cukrov.
Le fléau de la peste était fortement répandu parmi les Turcs à l'époque de la guerre de Candie. La maladie fut transmise dans les parages par les soldats turcs depuis Glamoc en Bosnie. Un commerçant de Sibenik leur avait acheté de la marchandise et le 6 juin 1649 le premier cas de peste fit son apparition à Sibenik. En sept mois de ravage on estime qu'entre 6.000 à 12.000 personnes y auront péri. La population de la ville dégringola pour ne plus compter que 1.500 âmes. Ceux, ayant pris la fuite devant la peste emprtèrent le bacille à Zlarin. On connaît le cas émouvant par le fils de Marko qui a fait bâtir la chapelle de St Roko Bratic. Ils décédèrent à Zlarin et ont été inhumés par le fils de Marko qui a fait bâtir la chapelle de St Roko, laquelle chapelle se dresse encore de nos jours le long du cimetière de Zlarin en souvenir de cette époque. A Zlarin environ 70 individus moururent de la peste et certaines familles renommées s'éteignirent entièrement: les familles Krizancic, Miheljic et Taviljic, ainsi que les descendants de Nikola Vrancic et Juraj Parcic.
Pour le reste, l'immigraiton à Sibenik et à Zlarin est liée aux grands déplacements du 13ème siècle lorsque la population de l' Herzégovine commença à se retirer en direction de l'occident. La seconde vague se produisit au 16ème et 17ème siècle au cours d'une percée plus profonde des Turcs en Bosnie, plus spécialement en 1511, et par la suite autour de 1570 et 1647. C'est alors que de nombreuses familles de Bosnie s'installèrent à Zlarin et dans les îles avoisinantes. En se retirant de Bosnie certaines communautés se scindèrent. Des éléments se retirèrent à l'ouest dans le Primorje, en Istrie et même en Italie tandis que d'autres descendirent vers la mer jusqu'aux villes damates et les îles. La famille Bjazic qui s'était retirée depuis la Bosnie centrale en constitue un exemple caractéristique. La plupart de ses membres se dirigea vers l'Istrie non loin de Pula où l'on peut y trouver de nos jours un village du nom de Bijazici. Une autre partie arriva à Zlarin aux alentours de l'année 1600 et elle s'est installée à Ruza sur Glavica.
L'arrivée de ceux qui fuyaient la peste à Sibenik avait également augmenté le nombre d'habitants à Zlarin. Le nombre ne cessa de s'accroître à partir des 70 habitants recensés en l'année 1298. En 1175, on en comptait 1.246. Ils seront 1.684 pour l'année 1881 et le nombre le plus élevé fut enregistré en 1910, lorque 1.846 habitants furent recensés sur Zlarin. Ensuite débuta la stagnation des îles et de la Dalmatie, puis vint le déclin. Les causes en sont la faillite des voiliers, l'appariton du moucheron des oliviers, la découverte de récifs de coraux concurrentiels en Italie, la difficulté de placer les coraux non taillés et surtout l'apparition du phylloxéra autour de l'année 1900. En outre, il y eut la crise de l'économie mondiale. L'émigration en direction de tous les continents se fit massive. La main d'oeuvre la plus active s'expatria et le nombre d'habitants s'amenuisa. Après le Deuxième Guerre mondiale on enregistra 896 habitants pour l'année 1948. En 1991, leur nombre avait chuté à environ 350 résidents permanents.
De nombreuses villes du monde telles que Buenos Aires, New York, San Pedro, Punta Arenas et d'autres deviendront le lieu d'installation pour un grand nombre d'habitants de Zlarin. Ils sont bien plus nombreux que ceux qui vivent à Zlarin. Les relations affectives des anciens émigrés et de leurs descendants avec leur île natale de Zlarin sont restées vivaces. Ils l'ont démontré à de nombreuses occasions en aidant directement des projets toujours plus vastes pour le progrès de Zlarin tel que l'installation du courant et celle de l'eau depuis le continent jusque l'île.
Comme il en va d'ordinaire pour les habitants des îles, ceux de Zlarin sont depuis des temps immémoriaux orientés vers la navigation étant donné que le cannot était leur unique lien avec le monde. L'expérience séculaire avait produit d'excellents marins qui possédaient une foule de petites embarcations pour leur emploi domestique, que ce soit des navires de pêche ou de commerce. La navigation à Zlarin a connu de forte éclosion dans les années cinquante du 19ème siècle, lors de " la guerre de Crimée", où l'on recensa à Zlarin 13 peligas, 23 bracera, 23 leutas, plus environ 80 barques plus petites, des navires de pêche ou de transport. Chaque année jusque 6.000 embarcations pénétraient dans la rade de Zlarin. Les habitantsde l'île ne se resquaient pas à naviguer en haute mer et ils étaient plutôt des marins " naviganti " à bords de navires de divers propriétaires, particulièrement en temps ultérieur sur ceux de la Lloyd de Trieste. La famille Beban possède pour l'année 1868 un voilier long-courrier, le " Tre cugine " de 447 tonnes. Avec le déclin des voiliers et l'appariton des navires à vapeur on assista sur Zlarin à des tentatives en faveur de ces derniers. Ce fut le cas en 1897, lorque Ante Adum acheta un navire à vapeur de 94 tonnes brutes ayant été construit à Kiel et qu'il baptisa du nom de " Zlarin ". Le point d'orgue de la navigation sera atteint autour de l'année 1880, quand cette activité sera devenue la plus importante pour l'ensemble de l'économie de l'île. Selon le nombre de marins, la période la plus intensive est celle allant de la première décennie du 20ème siècle jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. C'est alors que débutera une tendance regressive continue et la diminution du nombre de voiliers pour le cabotage. En 1926, il n'y aura même pas un navire à vapeur. Ce n'est qu'à ce moment que les familles Vukov et Beban se procureront les navires à moteur que sont le " Sv. Nikola ", le " Sv. Ante ", le " Lovac " et le " Jastog ", ainsi que le voilier à moteur " Nirvana " qui était un yacht luxueux pourvu de cabines pour les touristes. Le 14 novembre 1944, le " Nirvana " devint le premier navire école de la marine de guerre yougoslave. Aujourd'hui le port de Zlarin est même devenu trop exigu pour une multitude d'embarcations petites ou moyennes qui servent principalement à des fins domestiques et pour la pêche.
Depuis toujours et jusqu'à l'époque moderne l'olivier et la vigne ont formé l'assise principale non seulement de la production agricole mais aussi de l'ensemble du mode de vie sur Zlarin. Dans la codification statuaire à Sibenik datant du 14ème siècle les normes prescrivaient que des oliviers soient cultivés dans chaque vignoble tout en veillant à ce que la distance entre les arbres soit de 4 " pashas " (le pas: est la mesure de longueur allant de l'extrémité d'une main juqu'à l'extrémité de l'autre). Cette coutume fut conservée pendant des siècles. Le registre du cadastre de l'année 1825 énonce que: " Toute l'île de Zlarin est plantée d'oliviers et de vignes aussi le vin et l'huile sont-ils les principaux produits de cette municipalité ". Il était établi que la récolte des olives devait être effectuée dans la période allant du 15 novembre au 15 décembre de chaque année. La production d'huile atteignit son maximum à la fin du 18ème siècle tandis qu'au 19ème siècle elle régressa constamment en raison de la chute du prix de l'huile, de l'apparition du " moucheron de l'olivier " et de la conjoncture vinicole qui régnait à l'époque en Europe. Tout cela mena ua recul progressif de la culture de l'olive dont le renouveau plus intensif ne date que de ces dernières années.
Le travail de la vigne a connu une toute autre tendance dans son développement. La viticulture progressa jusqu'aux premières années du 20ème siècle. En particulier elle commença à prospérer fantastiquement à partir des années cinquante du 19ème siècle. Pour les trois années allant de 1831 à 1833, la production de vin sur le territoire de la municipalité de Zlarin avait atteint près de 10.000 fûts. En 1860, presque 24.777 hl de vin auront été produits.
La viticulture à Zlarin connaît son pic de prospérité dans la période allant de 1870 à 1890. Par la suite débutera l'assaut du phylloxera. En 1902, le Sabor dalmate établit que la maladie avait touché tout le nord de la Dalmatie, franchit le fleuve de Krka et était apparue à Crnica près de Sibenik...C'était le coup le plus dur pouvant atteindre une région vinicole telle que la Dalmatie. La crise culmina aux alentours de 1905. La désolation dans les vignobles, la faillite des grand voiliers et le recul dans la culture de l'olive se combinèrent en une crise d'une telle ampleur qu'elle résulta par la régression généralisée, l'émigration à travers le monde et l'appauvrissement qui pendant des années n'allait pas connaître de répit.
La troisième branche de l'économie de Zlarin était la pêche. Plus tard ce sera l'industrie du corail. Il existe plusieurs stipulations sur la pêche dans les réglementations statuaires de la municipalité de Sibenik dantant du 14ème et du 15ème siècle. Malgré cela cette activité avait oujours relevé expressément du domaine de la coutume populaire non écrite. L'activité de la pêche s'était développée au travers d'une longue tradition. On attrapait principalement des poissons à l'huile pour le salage mais aussi des poissons à chair blanche pour la vente. Les principales zones de pêches, outre les proches environs de Zlarin, se situaient tout près de Zirje et des îles Kornati. C'est dans la baie de Muna à Zirje et dans de nombreuses autres baies sur les îles que certains propriétaires de filets et d'embarcations possédaient à portée de main des entrepôts où ils conservaient le sel et le poisson salé. De la sorte ils ne devaient pas se rendre chaque jour à Zlarin avec leurs prises de pêches. Le poisson salé fut pendant des décennies le principal produit de la pêche. Toute une chîne de roduction existait sur place étant donné que les pêcheurs attrapaient le poisson, que les tonneliers fabriquaient des barils en bois pour le salage du poisson et que le sel intervenait comme l'élément le plus important de cette chaîne. Celui qui possédait des salines dirigeait le marché du sel et par delà la production du poisson salé. C'est l'état qui disposait du monopole sur le sel. Cela explique que les autorités vénitiennes en particulier, et ensuite les autorités austro-hongroises, ont rendu une multitude de prescriptions sur la production du sel, sur son transport et sa vente tout en luttant sévèrement contre son commerce ou sa production illégale. Le sel représentait une source de revenu très importante pour l'état. Les salines se trouvaient en plusieurs endroits le long de l'Adriatique. Celles tout près de Zablace étaient les plus proches de Zlarin. Quelques riches habitants de Zlarin seront incités à transférer leurs ouvriers et ensuite les membres de leurs familles sur la côte. C'est ainsi qu'ils fondèrent la nouvelle agglomération de Zablace qui fera partie de la municipalité de Zlarin. Les habitants de Zlarin créèrent une localité semblalbe à Srima.
Tout le poisson salé était emporté pour être vendu à Venise tandis que le poisson frais était destiné au marché de poisson de Sibenik. On y payait deverses redevances qui permettaient à la ville de rasliser des bénéfices. Cependant des négociants allaient arriver par bateau à partir des villes du sud de l'Italie mais aussi depuis les Etats pontificaux. Dans des baies dissimulées de Zirje ou dans d'autres îlots ils se mirent à acheter toute la quantité d'anchois, fumés ou non, et celle de maquereaux. De la sorte ils évitaient de payer des redevances. Le sel était donc vendu sans être déclaré et l'état perdait un important bénéfice. C'est pourquoi en 1627, un navire fut spécialement équipé afin de réprimer la contrebande le long de la côte, aussi bien pour le poisson salé que pour le commerce illégal du sel. En 1635, les Morlaques furent accusés d'être les principaux vecteurs de la contrebande.
Le potenciel en matière de pêche à Zlarin fut en hausse constante à partir du 16ème siècle jusqu'à la fin du 18ème siècle. Il se maintiendra au 19ème siècle. La conséquence de l'augmentation du nombre de filets et de pêcheurs découle de l'extension des zones de pêche aux Kornati et en direction de Salim. Cela engendra de nombreux conflits, procès et envois de mémorandum aux autorités afin que les pêcheurs de Zlarin soient éloignés de ces territoires. Dans les années trente du 19ème siècle, hormis l'agriculture, plus de 255 personnes s'occupaient de pêche et d'industrie du corail. Trente six barques équipés pour différents types de pêche requéraient 149 personnes tandis que 12 barques avec respectivement 5 membres d'équipage se chargeaient de recueillir le corail. Elles naviguaient depuis les Kornati jusqu'aux bouches du Kotor et au-delà jusqu'au Levant et les îles ioniennes.
En 1843, la commune de Zlarin informa le canton que sur son territoire (Zlarin, Prvic, Zirje, Kaprije) la pêche était effectuée au moyen de 60 " tratas" (la trata est un filet de pêche que l'on tire depuis la terre ferme).
De nombreuses familles connurent l'aisance grâce à la pêche. En font foi les beaux entrepôts dans les baies de Zirje aonsi qu eceux dans les demeures des localités où habitaient les propriétaires de tratas. La trata représentait une source de prospérité domestique. A cette époque on considérait préjudiciables les types de filets suivants: la migavic, le sabakun, le kogol, le balegot, la zagonica, la senadiza, la frondaza, le pobuk ou la buskavica.
Il existe des témoignages selon lesquels la pêche au corail avait été entreprise dès le 13ème siècle dans l'archipel de Zadar. Il est certain que l'on ne tarda pas à en faire autant dans l'archipel de Sibenik, d'autant plus que des gisements de coraux de la plus haute qualité existaient en périphérie de l'archipel de Sibenik, et cela vers le large dans la ragion de Zirje. Des données plus concrètes n'existeront qu'à partir du 17ème siècle. C'est alors que l'on trouve des étrangers qui pêchent le corail en ces eaux. Les principaux récifs étaient déjà connus et les connaissances que l'on en avait sont visiblement le fruit d'une très longue tradition du corail. Un enregistrement vénitien datant de l'année 1563 à propos des dîmes sur le corail recueilli sont l'indice d'une telle tradition. Le gouvernement vénitien considérait le corail comme un trésor appartenant à l'état. C'est lui qui affermait ce bien de l'état avec l'obligation de payer une dîme au trésor. Pour l'essentiel un tel système d'affermage resta identique jusqu'à l'effondrement de l'état vénitien en 1797.
La population s'opposa de plus en plus vigoureusement à ce que ceux qui pêchent le corail le long de la rive de l'Adriatique soient principalement des étrangers. Des conflits fréquents éclataient avec les pêcheurs locaux au point qu'en 1778 on en arriva à une interdiction complète de pêcher le corail. Cependant cette mesure allait être provisoire car dans l'intervalle le Sénat vénitien avait encouragé la chasse au corail en Dalmatie. G.B. Galbiani, un homme d'affaire fortuné de Sibenik, se vit concéder un affermage général sur le corail dans les régions croates et dans toutes les mers du domaine de la Sérénissime.
Le 8 juin 1754, Galbiani conclut un contrat avec dix paruns ( le parun est un propriétaire de navire) de la ville de Trapani dans le sud de l'Italie " à propos d'une compagnie pour la pêche au corail ". Le contrat consistait à ce qu'il pêche le corail mais qu'à ses côtés se trouvent des gens de Zlarin, Prvic et Murter. Le contrat valait pour une saison et fut renouvelé pendant plusieurs années. Par après il fut rompu car l'affaire n'était pas rentable aux yeux de Galbiani.
Ses fils décidèrent en 1781 à redemander une licence. Il la reçurent pour six ans et conclurent un contrat avec quatre paruns de Zlarin qui équipèrent quatre navires. Ils ne pêchaient que de jour et cela pour une seule saison mais ils devaient ensuite ranger leur matériel de pêche dans un hangar et l'année suivante renouveler le contrat. Il en alla jusqu'à l'effondrement de la République de Venise en 1797. Cependant les habitants de Zlarin continuèrent à pêcher sans les moindre licence et en 1776 les autorités leur délivrèrent une promulgation spéciale concernant l'interdiction de pêcher.
Dès la première année du gouvernement autrichien en Dalmatie, les Galbiani avaient reçu une nouvelle licence pour pêcher le corail en Dalmatie pour une période de cinq ans à partir du 1er janvier 1799. Ils avaient l'obligation de construire un atelier à Sibenik pour le travail du corail dans les quatre premières années faute de quoi ils perdraient la licence. En même temps ils s'engageaient à initier la pêche avec quatre barques dirigées par des pêcheurs de Naples qui apprendraient aux gens du coin à pêcher le corail. Les conditions étaient pratiquement semblables à celles en vigueur sous la République de Venise. Les nouvelles autorités se feront elles aussi de plus en plus menaçantes car la pêche sauvage prenait trop d'ampleur. Jamais les Galbiani n'auront fondé l'atelier pour travailler le corail à Sibenik.
A l'époque de l'administration française on proclama la libre pêche du corail en 1808, mais elle valait pour les zones qui n'étaient pas destinées à la pêche aux anchois. La même année Tomo Juranovic dit Makale de Zlarin obtint un bail pour dix ans accompagné de l'obligation que tous les équipages soient de Zlarin. Depuis lors, à l'exception de l'année 1817, les habitants de Zlarin conserveront le bail pour pêcher du corail depuis le Kvarner jusqu'aux bouches du Kotor.
Au cours de la première moitié du 19ème siècle la pêche fut assez intensive et fournit de bons profits. Les vieux litiges avec les pêcheurs aux anchois se poursuivirent. Sont restés enregistrés les contentieux de 1846, lorsque les pêcheurs de corail de Zlarin s'étaient affrontés aux pêcheurs et aux autorités locales des municipalités de Lastovo, Vis et Hvar qui ne leur permettaient pas de pêcher dans leurs abords maritimes quoiqu'ils eussent disposé de licences en ordre.
Dans la seconde moitié du 19ème siècle la pêche au corail allait progressivement fléchir même si en 1868 les autorités autrichiennes avaient supprimé toutes les taxes et proclamé la liberté de pêcher le corail. La production concurrentielle et le traitement final à partir de l'Italie, enplus de nouveaux gisements, rendirent le corail croate non compétitif. En outre, la demande en vin allait augmenter et les affaires maritimes embaucher un nombre croissant de personnes. En 1900, on enregistre que l'artisanat du corail périclite, qu'il n'existe sur Zlarin que trois pêcheurs spécialisés pour le corail et que l'on n'a plus pêché de corail depuis cinq ans. Malgré tout on tente à nouveau quelque chose à Zlarin pendant la première décennie du 20ème siècle. En 1904, on pêcha 200kg de corail mais il ne put être vendu. Les pêcheurs de corail passèrent de dures journées. Le 18 avril 1911, on constitua la " Corporative des pêcheus de corail " à Sibenik. Ses membres étaient censés organiser un atelier pour tailler le corail. A cet effet des machines seront commandées en Tchéquie en 1912. Cela démarra correctement et pas mal de coraux furent pêchés sur les bancs de récifs récemment découverts. Néanmoins la chose n'ira guère plus loin car la Première Guerre mondiale débuté et la coopérative fut rapidement liquidée. En 1931, dans le nouvel état, on fonda à Zlarin la " coopérative des pêcheus de corail et d'éponge ". L'année suivante elle comptera 22 membres dont la quote-part dans les affaires atteignait 450 dinars. La coopérative s'attendait à une aide du gouvernement royal pour l'équipement de plongée grâce auquel on aurait pu descendre à plus de 100 mètres et y recueillir les fruits de la mer. L'équipement n'arriva pas, le corail continua d'être pêché à l'ancienne manière. On constate ua travers du rapport de l'assemblée de l'année 1937 que certains résultats existaient mais qu'ils ne permettaient pas aux membres de pouvoir en vivre étant donné que le corail se vendait difficilement. Il y avait en réserve plus de 113kg de corail, ce qui emmena à conclure que cette année il ne serait pas nécessaire d'organiser la pêche au corail. L'économie de l'île subissait une crise depuis des années. L'activité de la coopérative ne cessait de perdre en vigueur et le Deuxiième Guerre mondiale frappait à la porte. Après la guerre il y eut des tentatives afin de relancer la pêche au corail et son traitement mais sans succès notable si ce n'est l'initiative privée de Viktor Lukin qui maintenait le souvenir de l'ancienne gloire de l'industrie du corail. C'est grâce au tourisme dans les années succédant à la guerre pour la patrie que l'artisanat des orfèvres du corail " Zlarinka " fut renouvelé en 2001. En saison il attire quotidiennement de nombreux groupes d'excursionnistes et préserve le souvenir de ce qui fut jadis spécifique à Zlarin: la pêche et le traitement du plus beau corail rouge au monde.
A côté de Hvar et d'Opatija, Zlarin compte parmi les premières localités sur la rive croate que les touristes visitèrent après la Première Guerre mondiale. La propreté exceptionnelle des villages, les rivages impeccables aux plages superbes ainsi que l'hospitalité de la population, c'est tout cela plus la douceur du climat qui contribuait à ce que Zlarin fasse le plein de touristes. Mais le tourisme après la Deuxième Guerre mondiale ne redémarre pas, la construction de la grande route détourne les touristes vers d'autres destinations, et Zlarin accuse du retard...
L'aménagement du petit hôtel " Koralj " au coeur de la localité marque à peine l'amorce d'un léger rétablissement de l'activité touristique. Après 1988, l'adaptation de chambres et d'appartements commence à ramener des perspectives dans ce domaine.
Un certain regain de l'activité touristique se signale par la vente de maisons anciennes ardemment rénovées par les habitants de nouvelle souche de Zlarin. Maintes nouvelles maisons sont construites ce qui augmente le nombre d'habitants au cours des mois d'été. Ces dernières année le Yacht club a accru les nombre de ses docks, permettant le développement du tourisme nautique.
Après 1945, la main d'oeuvre émigre systématiquement vers les villes. C'est par dizaines que les habitants de Zlarin obtiennent des appartements à Sibenik et dans d'autres villes, ils y acquièrent un emploi et se rattachent toujours plus à ce nouveau milieu où grandissent de nouvelles générations. De même que leurs parents l'affection les relie à Zlarin mais ils s'insèrent néanmoins dans leur nouvel environnement tandis que l'île devient un lieu de séjour pour les week-end ou les vacances estivales. Les nouvelles générations des jeunes de Zlarin vont grandir ailleurs: Sibenik, Split, Rijeka, Zagreb et même Belgrade. Un nombre important se disperse de par le monde, certains deviendront célèbres.
C'est ainsi que Zlarin a engendré des ramifications aussi bien en Croatie que dans le monde, elle s'est accrue bien plus que le nombre de ses résidents permanents qui d'un hiver à l'autre se font de plus en plus rares. Zlarin a offert l'accolade à de nombreux nouveaux venus qui s'y sont attachés et lui offrent une nouvelle verve et un nouvel entrain. Quantité de nouvelles maisons et de toitures rouges témoignent du nouvel essor dans la construction et la rénovation. Malgré tout c'est aussi le signe du danger qu'il y a d'endommager le rivage avec sa mer limpide et les beautés de l'île si l'on continue de construire de la sorte, sans plan d'aménagement à long terme. L'ouverture de nouveaux postes de travail et le retour des jeunes dans leur localité reste un voeu commun, ce voeu est à la fois un espoir et une foi en un avenir meilleur pour notre précieux bout de terre, notre île de Zlarin. Par SLAVKO BJAZIC February, 2007 Au soleil de l'adriatiqueA l'horizon, le soleil se meurt dans l'immensité de la mer, Il brille de tous feux et se miroite dans les eaux paisibles et salées.
Les pourpres, les oranges et les rosés se marient en une parfaite symphonie, illuminant le ciel avant la grande noirceur.
Quand ce moment magique, de gloire s'estompera, l'armonie des couleurs sombrera.
Alors s'installera une douce torpeur bleutée plongeant le monde dans le mystére et le secret.
Peu à peu, les dernières lueurs disparaîtront et la lumière feutrée de la lune prendra la relève pour veiller sur la Terre.
Je vous laisse savourer cette brève vision, immortalisée par ces clichés...
February, 2007 TribunjTribunj se trouve à 15 km à l'ouest de Sibenik, sur une petite presqu'île à 4 km à l'ouest de Vodice, elle prétend posséder la plus importante flotte de pêche de Dalmatie centrale. Il s'agit en tout cas d'un endroit propice à la dégustation de poissons, de moules et de crabes de première fraîcheur, la spécialité locale est le ragoût de poisson à la polenta.
Ce petit port tranquille reste autenthique. Son originalité: un minuscule îlot au milieu de la baie, relié, à la terre ferme par un petit pont.
November, 2006 Trogir, petite cité médiévale.Trogir est non seulement un site urbain très ancien sur la côte croate de l'Adriatique mais elle compte également, de par son histoire vieille de quatre millénaires, parmi les plus anciennes villes de toute la Méditerranée. Les premières traces de vie remontent à la préhistoire, vers l'an 2000 av.J.C.
Déjà à cette époque-là il y a sur l'îlot, se trouvant dans l'étroit chenal entre l'île de Ciovo et la terre ferme, une cité bien organisée et sur les collines environnantes, autour d'une plaine fertile, s'élèvent des localités fortifiées. Le site illyrien, y existant en 219 av. J.C., devient le centre commercial de la colonie grecque dont le siège se trouvait dans l'île de Vis. La cité prit alors le nom de Tragyron ou Tragurion d'après la montagne Kozjak toute proche ( Koza = TRAGOS).
Trogir fut alors organisée sur le plan urbain comme toutes les autres localités de l'époque. La ville fut ceinte par une muraille et à l'intérieur le réseau de ruelles formait des blocs de maisons rectangulaires. Au-dessous du campanile de la cathédrale de Trogir fut trouvé l'autel des sacrifices de la déesse grecque Héra, ce qui prouve que les lieux de culte se trouvaient toujours au même endroit dans toutes les civilisations, sans égard à la religion à laquelle ils étaient voués. Le Tragurium romain du 1er siècle av. J.C. faisait probablement partie de la colonie romaine de Salone.
A proximité de Trogir il y avait des carrières connues pour la marbre de couleur d'or qu'on employait pour les détails décoratifs des édifices à Salone et, plus tard, pour ceux du palais de Dioclétien à Split. Le christianisme s'installe à Trogir dès le Vè siècle. Lorsqu'en 640, les Avars et les Slaves détruisent Salone, la plus grande et la plus importante ville sur la côte Est de l'Adriatique à cette époque là, c'est Trogir qui devient un centre urbain d'une grande importance et dont le rôle s'accroîtra de plus en plus au cours du Moyen-Age.
La cité voisine de BIJACI fut alors une des capitales des souverains croates et leur influence sur Trogir était considérable. Suite à l'éffondrement de l'Etat croate, la ville passa sous la souveraineté croato-hongrois, en commençant par le roi Koloman. Trogir fut alors considérée comme une cité libre et jouit de nombreux privilèges ce qui permettra son développement. Son rôle devient très important après la destruction de Zadar par les Vénitiens au début du XIIIè siècle, parce que les voies de communication de la Hongrie avec la côte adriatique se déplacent plus à l'Est. Trogir élisait ses recteurs parmi les membres des familles patriciennes croates les plus puissantes, telles que par exemple les Subici, qui assuraient sa protection et son statut. Au Moyen-Age il y eut souvent des conflits entre Trogir et Split, deux villes rivales.
Dès le XIIè siècle, Trogir fut exposée aux attaques des Vénitiens et la Sérénissime soumet la ville sous son emprise en 1420. Elle fut une des dernières villes dalmates tombées sous la domination vénitienne, après que le roi croato-hongrois Ladislas de Naples eut vendu, en 1409, ses droits sur la Dalmatie pour la somme de 1000 000 ducats. Malgrè l'interdiction vénitienne de l'emploi de la langue croate, à Trogir de la Renaissance fleurit la littérature en langue croate. Au XVè et XVIè siècles Trogir est un des centres les plus importants de l'humanisme sur la côte Est de l'Adriatique. Deux familles patriciennes puissantes de Trogir y jouent un rôle prépondérant, les Cipiko et les Lucic. Trogir restera sous la domination vénitienne jusqu'à la chute de la République en 1797. Elle sera alors successivement, d'abord sous la domination autrichienne et puis, au temps de Napoléon 1er, sous la domination française.
De nombreuses réformes imposées par Napoléon eurent de l'écho. Les Français asséchèrent dans les environs des marécages, ils construisirent des routes et fondèrent à Zadar même le collège Saint-Lazare. Les Zadarois, conscients des progrès dus aux Français, élevèrent à Trogir en 1808 une belle gloriette de style néoclassique à la gloire de la France, en l'honneur des Français et du maréchal Marmont. A partir de 1814, Trogir est de nouveau sous la domination autrichienne qui durera tout un siècle. La soumission à l'Autriche ainsi que le développement de la ville voisine de Split, entament le déclin de Trogir et, dans les années trente du XIXè siècle, elle perd même son statut d'évéché.
A la fin du XIXè siècle la construction y prend un grand essor. On édifie surtout des bâtiments publics, de styles néogothique et néoclassique et certains édifices importants, tel l'hôtel de ville, subissent des remaniements dans les mêmes styles. Après la Seconde Guerre mondiale, Trogir se développe dans l'esprit de l'industrialisation propre aux conceptions du socialisme. On construit alors un grand chantier naval mais dans un lieu inadéquat. A proximité de la ville on édifie l'aéroport de Split, on élève d'autres bâtiments ce qui a pour conséquence la construction de maisons d'habitations et d'édifices destinés au tourisme, autant sur la terre ferme que dans l'île de Ciovo et ainsi le noyau historique de Trogir se fond dans un paysage aux édifices d'architecture moderne. Mais vu la beauté unique du noyau historique de la ville et les magnifiques monuments-joyaux qu'elle abrite, la ville de Trogir fut inscrite en 1997 sur la liste du patrimoine culturel mondial de l'UNESCO. October, 2006 la foire agricole de BenkovacLa petite ville de Benkovac est située dans le comté de Zadar, nichée où la plaine de Ravni Kotari et le plateau Karstique de Bukovica se réunissent, au carrefour de plusieurs routes.
Selon le recencement de 2001, la municipalité a 9786 habitants dont 90% sont des Croates et 7,5% des Serbes. Avant la guerre les Serbes ont composé environ 53% de la population et des Croates environ 47%.
Benkovac compte 2622 habitants (toujours selon le recencement de 2001).
Les premières traces de vie humaine dans la région de Benkovac ont été trouvées autour du village de Smilcic qui a appartenu à la culture de Danilo. Avant la conquête romaine le secteur a été habité par les Illyrien.
En 1409, le roi Ladislas de Naples a vendu ses droits sur la Dalmatie à Venise et la région de Benkovac est devenue une région de frontière. Au XVè siècle la ville fut le siège des princes Benkovici. Elle fut de tous temps un site stratégique important défendu par un imposant château fort au pied duquel s'était formé un grand marché.
Au XVIè siècle, la ville tomba sous la domination turque.
En 1683 Benkovac est devenue une partie de la République de Venise.
L'économie est basé sur la viticulture et l'agriculture particulièrement mais aussi l'exploitation d'une pierre de bâtiment réputée. September, 2006 Sibenik, une ville baignée par la mer, caressée par la mer, caressée par le soleil, couronnée de pierrePeu de villes de la côte croate ont comme Sibenik gardé autant de témoignages de leur histoire. Cette ancienne cité, autrefois ceinte de remparts, cette ville fière, exposée depuis mille ans à tous les vents, baignée par la mer, caressée par le soleil, souvent dévastée par la haine et l'envie s'est toujours remise de ses blessures tant son amour de la vie fut tenace.
Les remparts, les falaises abruptes, les rues étroites, les palais élégants, les pergolas, les portails, les gargouilles et les forteresses, les campaniles et les coupoles, les puits et le armoiries, les reliefs...forment un vrai bouquet de fleurs de pierre.
La beauté de l'architecture naît de la beauté de la pierre.
Et tout comme notre passé, nos ancêtres continuent de vivre en nous, dans Sibenik vivent tous les édifices qui ont fait de cette ville ce qu'elle est aujourd'hui.
La cité est née sur des rochers, des falaises, des bancs de pierre, au pied d'une montagne, sur une montagne.
Des siècles durant elle a du lutter contre la pierre pour durer et contre le fer pour survivre.
La pierre est son défenseur, de pierre est son défenseur, de pierre est sa promenade et son lieu de rencontre avec les autres.
Sibenik est une couronne de pierre. Lorsque nous nous promenons dans cette cité de la mer, de la pierre et du soleil, nous admirons ses ruelles, ses places, ses toits, ses remparts et ses forts majestueux... Nous admirons sa force et le pouvoir de la nature qui a créé, des siècles durant, sur cette terre, une symphonie de pierre, nous admirons l'art des maîtres croates et la puissance de la main de l'ouvrier endurant.
Sibenik est mentionnée dans les chartes des souverains croates durant la seconde moitié du XIè siècle. D'abord la cité se développe, quelques siècles durant, à l'intérieur des murailles érigées depuis la mer jusqu'à la forteresse Ste Anne.
Au XVè s., l'architecture de la ville connaît un essor ramarquable grâce entre autre au génie de Juraj Matejev Dalmatinac, raprésentant du gothique flamboyant et à Nicola le Florentin, architecte sculpteur de la Renaissance.
Les constructions en bois disparaissent progressivement pour laisser place à d'élégants édifices de pierre; c'est ainsi qu'apparaissent la magnifique cathédrale St Jacques, de nombreuses églises, des demeures patriciennes; on aménage les places et les rues, on restaure les tours défensives, on renforce les remparts.
Au XVIè s, le tissu urbain est restructuré avec l'édification des remparts, de la citadelle Ste Anne et de certaines parties de la cathédrale.
La période baroque ne change pas notablement l'aspect de la ville, seuls apparaissent les forts St Nicolas, S. Jean et Subicevac.
Malgré toutes les péripéties que Sibenik eut à traverser, la vieille ville est sauvegardée.
Les fortifications
Sibenik était un point stratégique important et de ce fait, tous ses admirateurs eurent le souci de renforcer ses défenses en élevant des remparts, des forts et des citadelles. Ces dernières sont bien conservées.
La citadelle Ste Anne se dresse sur un falaise de 70 m de haut. Son édification dura du XVè au XVIIè siècle. Elle occupe une surface de 2600 m2. Les fouilles archéologiques ont mis à jour des fragments d'architecture et un grand nombre d'objets culturels et historiques de la période vénitienne et de la culture matérielle de l'âge de fer.
On peut entrer dans la ville de tous côtés. Mais la principale entrée se situe sur la place Poljane qui est le centre de la ville, sur le côté sud-ouest où l'on pouvait voir, jusqu'en 1864, la grande porte de la ville, la Porta di terra ferma, (la porte de la terre ferme)
Dans la partie qui est la plus importante du noyau historique, appelé traditionnellement Grad (la ville), pour le différencier des quartiers ouest, Doca et Gorice, il y a de nombreux monuments architecturaux, en particulier des demeures patriciennes: bâtiments en pierre, à deux étages, ornés d'une frise sur les consoles où se déversait l'eau de pluie qui était ensuite acheminée par des canaux en pierre vers les puits installés dans les cours des demeures. Ces habitations représentatives de l'architecture de XVè et XVIè siècles, sont de style gothique ou Renaissance. On accordait une attention toute particulière aux portails qui se trouvaient sur la façade. Dans les lunettes qui surmontaient les portails, on sculptait les armoiries de la famille à laquelle appartenait la demeure cependant que sur le linteau on gravait quelque sentence philosophique en latin médiéval.
August, 2006 Split ville d'art et de la cultureSe perdre dans un invraisemblable dédale, lever les yeux sur un péristyle digne des Césars, pénétrer dans le mausolée d'un empereur romain, croiser des sphinx importés d'Egypte, s'asseoir à l'ombre d'un campanile roman, boire un café dans un temple antique: flâner dans le vieux Split, c'est suivre le fil de 2000 ans d'histoire. Imaginez un immense palais romain abandonné, peu à peu envahi par la population qui y construit ses maisons.
Ainsi grignoté par le temps, l'ancien palais ne se devine plus qu'ici ou là, au détour d'une ruelle, au-dessus des étals du marché, à la sortie d'un souterrain. Mais quelle surprise alors que cet étonnant mélange où palais vénitiens, architecture autrichienne, et bars branchés ont investi le monde romain.
Split est la plus grande ville de la côte adriatique croate et, après Zagreb, la deuxième ville de Croatie. C'est un centre économique, culturel, religieux, touristique, sportif et universitaire de tout premier ordre. C'est également le siège administratif du département de Split-et-Dalmatie.
Un passé bimillénaire
A proximité de Salone, sur la presqu'île de Split, dans la baie nommée à l'époque Aspalathos (Aspalathos désigne en grec la plante méditerranéenne genêt dont les buissons se couvrent au printemps de petites fleurs d'un jaune éclatant), se trouvait probablement une petite localité grecque du même nom. A l'époque romaine on appelait cette localité Spalatum, ce qu'on peut vérifier sur la copie d'une carte de routes romaines d'avant la construction du palais de Dioclétien. On n'a pas encore déterminé définitivement l'emplacement de cette localité dans la zone du noyau urbain de l'actuel Split, mais lors de fouilles archéologiques dans la partie Est du palais on a trouvé des fragments architecturaux qui prouvent l'existence d'une structure urbaine ou au moins d'un important complexe profane ou sacral qui y existait avant la construction du palais. Des fouilles archéologiques récentes, dans une zone plus vaste qui dépasse le noyau strict de la ville, confirment cette thèse.
C'est dans ce lieu bien approprié au fond de la baie Sud de la presqu'île de Split, que le palais de l'empereur romain Dioclétien fut construit au cours de la période 293-305.
Caius Aurelius Valerianus Diocletianus était Illyriens et naquit probablement à Salone. Il fut proclamé empereur en 284 par des légions romaines. Son règne est marqué par ses importantes réformes administratives. Dioclétien divisa l'Empire romain en deux parties en raison de son immensité et des difficultés que posaient une gestion centralisée. Il introduisit un nouveau mode de pouvoir avec quatre tétrarques (deux empereurs et deux adjoints, césars). Il choisit pour lui, en 293, l'Empire d'Orient avec, comme centre administratif, Nicomédie, capitale Bithynie, au bord de la mer de Marmara ( en Turquie actuelle). C'est probablement à cette époque là qu'il commença la construction du palais où il se retirera après son abdication. Les constructeurs du palais sont venus d'Orient: les noms grecs gravés dans la pierre, Zotikos et Filakos en témoignent. La pierre pour la construction du palais provenait des carrières de l'île de Brac mais également de celles des environs de Trogir. Des ornements architecturaux, ainsi que le marbre pour le revêtement furent importés de la péninsule italique, des îles grecques et surtout d'Egypte. Après son abdication en 305, Dioclétien s'installa dans ce vaste palais au plan rectangulaire protégé par des murailles et des fortifications. Un mausolée fut construit à l'intérieur même du complexe pour y accueillir la dépouille de l'empereur. Après le décés de Dioclétiens en 316, le palais resta en possession des empereurs romains. Ainsi l'avant dernier empereur de l'Empire d'Occident, Julius Nepot, s'y abrita en 475.
L'ensemble du palais de l'empereur Dioclétien
La plupart des monuments architecturaux, culturels et artistiques splitois se trouvent dans l'aire du noyau historique de la ville au centre duquel se trouve le palais de Dioclétien. On considère que l'empereur Dioclétien fit construire ce palais somptueux avec l'intention de s'y installer après son abdication, prévue d'avance, en faveur de son successeur. Dioclétien y passa les dernières années de sa vie, depuis l'abdication à Nicomédie le 1er mai 305 jusqu'à sa mort vers l'an 316.
On sait de façon sûre que Dioclétien mena une campagne réussie contre les insurgés en Egypte entre 297 et 298. On trouva jusqu'à nos jours dans le périmètre du palais 11 sphinx égyptiens et toutes les colonnes du palais réalisées en pierre de grande qualité, granit rouge, rose ou gris, porphyre, marbre blanc, proviennent de temples et d'autres édifices égyptiens.
Le temple de Jupiter, le baptistère de la cathédrale
Face au mausaulée, à l'ouest, se trouve le Temple de Jupiter. Il présente un plan rectangulaire et s'ouvre sur un haut soubassement où se dressaient, du côté Est, six colonnes qui formaient un portique. Il ne subsiste rien de ce portique; par contre la cella avec une voûte en berceau à caissons sculptés est parfaitement conservée. Devant le temple se trouve un sphinx rapporté d'Egypte.
Au Moyen-Age le temple fut transformé en Baptistère et sa Crypte en une église du nom de Saint Thomas. A l'intérieur du baptistère se trouvent deux sarcophages; celui de l'archevêque Jean de Ravenne, fondateur de l'archevêché de Split (orné de reliefs au motif de lys) et le sarcophage de l'archevêque Lovro du XVè siècle. Les fonts baptismaux, datant probablement du XIIè siècle, présentent un plan cruciforme. Ils sont aménagés de dalles de pierre d'un chancel, provenant peut-être de la cathédrale. Les dalles sont richement décorées de motifs à entrelacs; la plus remarquable d'entre elles représente le relief d'un pentagramme et des oiseaux picorant des raisins. La dalle du XIè siècle, sur la partie antérieure des fonts baptismaux, représentant un roi croate sur le trône, est d'une grande valeur artistique et historique. Le style du refief permet de situer cette oeuvre dans le temps et le roi représenté pourrait être Dimitrije Zvonimir. Dans le baptistère se trouve aussi la statue en bronze représentant saint Jean Baptiste, l'oeuvre du grand sculpteur croate Ivan Mestrovic de 1954. Au Moyen Age se dressait au-dessus du baptistère un clocher à trois étages aux géminées, démoli au cours du XIVè siècle.
Les vestiges du mur ouest
Le mur ouest du palais est le moins bien conservé car c'est de ce côté là que la ville déborda de l'enceinte et commença à s'étendre. Ce mur est en parti démoli et dans la partie conservée se sont incrustés de nouveaux ensemble architecturaux. La tour sud-ouest est complètement démolie. Quant aux restes du mur ouest, on peut les voir le mieux depuis la place Mihovilova sirina. A proximité se trouvent les vestiges de la petite église Saint Michel sur le quai, qui remonte au VIIè ou au VIIIè siècles.
Le péristyle
Le péristyle n'est pas seulement un des ensembles architecturaux les plus remarquables du palais de Dioclétien et de Split mais également de la partie orientale de la côte adriatique. C'est une grande cour à ciel ouvert situé sur l'axe longitudinal du palais - le Cardo- cernée de trois côtés par une colonnade. Le sol du péristyle est de trois marches inférieur à celui des rues avoisinantes. De cette façon la différence de hauteur qui existe entre la partie nord du palais et la partie comprenant les appartements impériaux à deux étages est nivelée. Au sud du péristyle, il permet l'accès aux appartements impériaux alors que côté Est il communique avec le mausolée de l'empereur. Côté ouest, il donne accès aux trois temples du palais. Côté sud, quatre colonnes élancées à chapiteaux corinthiens supportent un fronton triangulaire et une arche en plein cintre. Elles forment ainsi le prothyron, le porche monumental des appartements impériaux. Entre les colonnes centrales du prothyron se trouvait la tribune impériale où apparaissait l'empereur dans des circonstances particulières pour recevoir l'hommage des habitants du palais et d'autres visiteurs. Ces festivités étaient en rapport avec le culte de l'empereur divinisé. On peut conclure incontestablement que le péristyle fut construit dans un but religieux où l'empereur apparaît à ses sujets comme une divinité sur les pavés du péristyle. Aujourd'hui le péristyle sert de cadre extraordinaire aux représentations théâtrales et aux concerts du festival de Split. Le spectacle le plus brillant est " Aïda " de Verdi.
Le campanile de la cathédrale
Le monumental clocher Saint-Domnin fut construit à la fin du XIIIè et au début du XIVè siècle dans le style roman tardif mais sa taille élancée ainsi que les systèmes d'ouvertures font déjà pressentir l'esprit du gothique. Au début du XVIè siècle, on ajouta encore un étage de style roman mais la partie supérieure du clocher est de style gothique et Renaissance. Cette construction monumentale et harmonieuse marqua l'identité de la cité encore aux Moyen Ages.
A la fin du XIXè siècle, une restauration générale se montre nécessaire. A cette occasion, une partie de l'oeuvre sculptural de l'époque romane fut remplacée par des copies, alors qu'un lot d'originaux est exposé aujourd'hui au Musée de la ville de Split. Vu la conception des idées sur la pureté du style à cette époque, on remplaça lors de la reconstruction du campanile l'étage gothique-Renaissance par un sommet de style néoroman.
L' empreinte française
Le visiteur curieux ne peut manquer de remarquer que de nombreux bureaux de poste de Dalmatie portent très officiellement des panneaux de guichets bilingues, en croate et en français. Ce détail, bien pratique pour nous, est une trace du prestige de la langue française, utilisée comme langue diplomatique lorsque la région fut libérée de la tutelle italienne. La courte période de domination française est associée par certains historiens à l'éveil du sentiment national croate, car pour la première fois on désignait la région par le nom de son peuple d'origine: Provinces Illyriennes.
A la chute de Venise, Split revient brièvement aux Autrichiens, mais en 1806, Napoléon qui a conquit la Dalmatie, nomme le général Marmont à la tête de la province. Sa gestion a laissé d'excellents souvenirs aux Splitois. Il présida à la modernisation de l'urbanisme et à la construction des routes. A ce jour, les liens culturels avec la France sont très vivants, ainsi qu'en témoigne la présence d'une importante Alliance Française et de cercles de lecture. La chute de l'empire napoléonien marque le début de la domination autrichienne qui se poursuit jusqu'en 1918.
July, 2006 D'îles en presqu'îlesTantôt voluptueux horizon de velours bleu, tantôt langue de cristal à fond de criques, la mer change sans cesse de visage en Croatie. Baignés de soleil, les chemins serpentent le long des côtes ou sur les sentes des collines. Ici c’est la vigne qui surplombe l’Adriatique, là, ce sont les oliviers qui adossent leur ombre contre ce vieux cloître, là-bas, la garrigue bruisse dans le vallon. La nature est un ravissement. Sans doute autant que le patrimoine. D’îles en presqu’îles, la Dalmatie croate égrène fabuleux trésors antiques et Renaissance, magnifiques cités classées par l’Unesco. Un immense plaisir esthétique. Bonnes vacances à vous tous !
July, 2006 La voileLa première idée, quand les hommes ont essayé d'utiliser le vent pour propulser un bateau, a évidemment été de dresser un écran quelconque en travers du vent, celui-ci étant supposé souffler dans la direction du point de destination.
Pour compenser certain angle entre la direction du vent et le point de destination on ne fut certainement pas long à orienter la voile en la faisant pivoter autour du mât. Mais tant du fait du mauvais rendement de celle-ci, que de la forme des coques il n'était pas question de pousser les choses plus loin que l'utilisation d'un vent venant de la hanche droite ( tribord) ou gauche ( babord). C'est la navigation en poussée. Elle pouvait rendre de notables services dans les pays à régime de vents constant: pays de mousson, Méditerrannée, orientale, etc.
Mais dès à présent il est nécessaire de préciser une notion dont l'importance a été trop souvent sous-estimée dans l'enseignement de la navigation à voile. Le vent utilisé par un voilier en mouvement n'est pas le même que celui perçu par un observateur immobile. Et si nous considérons un voilier emporté par un courant, un jour sans vent, nécessairement son équipage percevra une sensation de vent due au déplacement de ce bateau dans la masse d'air, au même titre qu'un skieur descendant une pente ressent le vent de sa vitesse. Ainsi, un voilier se déplaçant dans des conditions normales subit à la fois le vent atmosphérique ou vent réel et le vent de sa vitesse, ceci donne naissance à un type de flux artificiel que l'on appelle le vent apparent, et qui seul doit être considéré lorsque l'on analyse les déplacements d'un bateau à voile...
Le vent apparent possède des caractéristiques de vitesse et de direction sensiblement différentes de celles du vent atmosphérique.
Ainsi lorqu'un voilier poussé par un vent, suit une route qui se confond avec la direction du vent atmosphérique ( allure du vent arrière) son vent apparent est plus faible que le vent réel, puisque le vent du déplacement (vent vitesse) diamétralement opposé au vent atmosphérique (vent réel) se soustrait de celui-ci: vent atmosphérique = vent réel moins le vent vitesse.
D'autre part, vent réel et vent apparent ont évidemment une direction identique.
En revanche, lorsqu'un voilier suit une route autre qu'à l'allure du vent arrière, vent venant de la hanche (grand largue) ou du côté (largue) par exemple, il utilise un vent apparent qui n'a plus du tout la même direction que le vent réel, et qui même pourra être suivant les cas plus fort que le vent réel.
après vous avoir expliqué comment se déplace un voilier, regardez les, en pleine évolution, ces photos ont été prises lors d'une régate au rocher YABUKA ( la pomme) en Croatie l'année dernière. June, 2006 Les visages que je dévisage...Tous les peuples sont comparables à une île en plein milieu d'un grand lac. Alors comme un seul peuple unissons nous car tous les hommes ont été créés par le même esprit Divin. Nous sommes tous frères. Notre terre est la mère de tous les êtres humains, et tous devraient bénéficier de ses bienfaits de manière égale...
Qui dit à l'arbre qu'il est temps pour lui de faire sortir ses feuilles? Qui dit à ces merles que les beaux jours sont revenus et qu'ils peuvent dorénavant retourner vers le nord? Les oiseaux comme les arbres obéissent à quelque chose qui possède la connaissance. Sans cela, aucun d'entre eux ne pourrait prendre une décision. Souvent, je viens m'asseoir seule dans mon jardin pour observer toutes ces myriades de petites fleurs, et je me dis à moi-même: Qui vous a dit que le printemps était de retour pour que vous puissiez éclore? Quelque chose de très grand ordonne à tous la manière de vivre. Nous sommes pareils aux fleurs. Nous vivons et nous mourons et, sur nous-mêmes, ne connaissons rien. Mais il y a un Grand Mystère qui nous enseigne. Il nous enseigne la manière de vivre. June, 2006 soleil couchantAu loin, brillante encore par sa barre d'écume,
la mer sans fin commence où la terre finit.
L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
ferme les branches d'or de son rouge éventail.
(extrait du poème " soleil couchant" de José Maria de Heredia) June, 2006 regard sur le CarnavalUn regard, ce sont des yeux admiratifs, critiques que l'on pose sur un objet, une personne, un paysage...
Mais que voient donc nos yeux ? La beauté, la laideur, ou bien ne voient ils rien ? Le regard c'est aussi notre propre reflet qui va donner une interprètation, une façon de voir ces choses, ces objets, ces paysages, ces personnes.
Celui qui sait regarder, découvre la beauté que chacun dégage, quelle qu'elle soit.
Celui qui ne voit rien, n'a pas encore appris à ouvrir son coeur, à regarder mieux pour percevoir.
Quoique vous trouviez quand vous poserez vos regards sur ces photos " aux couleurs du Carnaval Croate" vous croiserez ceux d'enfants avec leurs jolies frimousses expressives, vous pourrez retrouver dans ces regards l'innocence, la tendresse, l'inquiètute, la joie du moment, la persévérance de leur défilé, l'imagination... Alors regardez bien, vous y verrez aussi de grands enfants, heureux, joyeux, avec une part d'innocence, et si vous regardez vraiment bien, vous croiserez mon regard...
June, 2006 L'archipel des îles KornatiKornati, paradis des pêcheurs
" Le dernier jour de la création, Dieu voulut couronner son oeuvre, c'est pourquoi il créa les îles Kornati avec des larmes, des étoiles et du souffle."
Georges Bernard SHAW (écrivain Irlandais)
L'ex Yougoslavie, on le sait nous offre des localités d'atmosphère ancrée au passé, à commencer par le charme subtil de la péninsule d'Istrie, pour finir par les splendeurs de la fabuleuse ville de Dubrovnik.
Pour celui qui aime la mer, les 1250 îles, dont seulement 66 sont habitées, représentent un authentique paradis naturel, que l'on conserve afin de ne pas altérer l'équilibre de cette nature.
Mais, l'un des derniers paradis est sans aucun doute les Kornati, un monde chaotique d'eau et de pierres. Dans ce labyrinthe de roches, bossues, pelées, surgissent d'anciens vestiges de civilisation comme la tour Illirica, les ruines d'une forteresse de l'époque vénitienne, les traces d'une villa romaine...
Un parfum de romarin, de genévrier, de thym poussent entre les roches arides de ces îles à l'aspect lunaire. Des moutons et des chèvres brouttent cette herbe rare et iodée, le bonheur des gourmets, car la viande est plus tendre et parfumée dans nos assiettes.
Les vrais maîtres de ces îles, se sont les mouettes rieuses, les cormorans: de véritables statues, immobiles sur les éperons pointus des rochers.
L'archipel des Kornati est un contraste sauvage, un enchevêtrement de canaux, de baies, de promontoires, une âpre beauté perdue sur la mer. Cet atmosphère est magique, nullement pesant malgré un spectacle de nudité. Sur certaines îles, existent des villages composés d'une ou trois maisons, les gens vous accueillent, avec la plus grande spontanéité, et vous invitent pour vous faire goûter les mets préparés avec leurs produits du terroir et de la mer. Souvent un bol de " Brodet", la soupe populaire de poissons; la "pasticada", le riz noir à la seiche et aux calamars. Un accueil chaleureux accompagné par des vieux chants populaires yougoslaves qui parlent de mer, de matelots et surtout d'amour, mais oui vous connaissez ce genre de chants, ces chants tristes, mais toujours riches de sentiments. Un de ceux-ci dit:
" Yougoslavie, terre de ma vie, qu'est-ce que tu serais sans les îles et sans ta mer..."
May, 2006 Le KosovoLes deux lectures de l'histoire du Kosovo
L'histoire du Kosovo est source de deux lectures, l'une albanaise, l'autre serbe.
Le " berceau de la civilisation serbe"
Les nationalistes serbes ont toujours considéré le Kosovo comme le " berceau" de leur civilisation, leur foyer culturel et religieux puisque c'est sur ce territoire qu'est fondé en 1219 l'archevêché de Pec. Plus de 1500 églises et monastères seront construits par la suite. L'église a depuis souvent revendiqué ses " droits historiques" sur le Kosovo, comme lors de la grande commémoration de la bataille de 1389 en 1989.
Le 28 juin 1389 à la bataille de Kosovo Polje, au Champ aux Merles, l'empire Ottoman défait le royaume de Serbie. La région devient le symbole de la tragédie nationale et de la lutte contre les Turcs. Cette bataille a également pris une dimension mythique car, selon la légende, un messager divin se présenta au prince serbe Lazar, la veille de la bataille, lui donnant le choix entre le royaume terrestre et la victoire de son armée ou le royaume céleste et la défaite.
Lazar choisissant le royaume des Cieux, l'armée serbe et son prince périrent dans la bataille, ainsi investie d'un sens religieux. A la querelle historique s'ajoute la bataille démographique.
Pour les Serbes, si les Albanais sont aujourd'hui majoritaires, c'est du fait de leur exode de la région à travers les siècles, notamment en 1690 devant l'avancée turque qui les mène en Voïvodine. Le Kosovo s'est donc alors albanisé et islamisé jusqu'à sa " libération" à l'automne 1912 par l'armée serbe pendant la première guerre balkanique. En août 1945 le gouvernement de Josip Broz, Tito, proclame une loi spéciale interdisant aux 100 000 Serbes chassés du Kosovo par les Albanais durant la deuxième guerre mondiale de regagner leurs foyer; puis l'ouverture de la frontière avec l'Albanie conduit des dizaines de milliers d'Albanais à occuper les demeures serbes au Kosovo. Les Serbes dénoncent une immigraiton massive en provenance de l'Albanie dans la province. Enfin, selon la vision serbe, la question de l'autonomie du Kosovo ne se posait pas puisqu'il disposait depuis la constitution de 1974, le statut de province autonome qui lui conférait une véritable indépendance de facto avec un droit de veto sur toute loi promulguée par la Serbie. Si de nombreux Serbes furent réticents à aller se battre en Croatie et en Bosnie durant la guerre de l'ex-Yougoslavie, ils le furent moins pour défendre "leur" Kosovo.
Le Kosovo et la nation albanaise.
Les Kosovars albanais estiment que le Kosovo fit partie de la nation albanaise bien avant l'arrivée des Slaves dans la région aux VI et VIIème siècles. Ils s'inscrivent, selon eux, dans le peuple de l'Illyrie, qui regroupait la partie ouest des Balkans, dont le Kosovo, colonisé par les Grecs au VIIème siècle avant J.C. puis province romaine à partir de 27 avant J.C. jusqu'à la domination slave au VIIème siècle. Considérant qu'ils ont été très peu touchés par ces invasions, ils auraient conservé " la pureté" du peuple albanais et se situreraient au niveau du peuple grec et au-dessus des autres peuples balkaniques. Chassés dans les régions montagneuses de l'actuelle Albanie lors des migrations slaves, ils reviennent au Kosovo à partir du XVIIème siècle quand les Serbes fuient le territoire et deviennent peu à peu majoritaires. Les Kosovars albanais considèrent le meeting de la ligue albanaise de Prizren en 1878, comme la première manifestation de leur mouvement national.
Leur présence majoritaire actuelle résulterait de cet héritage historique et de leur taux de natalité plus élevé que celui des Serbes. Ils s'opposent à l'interprétation serbe quant à l'importance et à la nature de l'émigraiton serbe qu'ils analysent comme " économique" et contestent l'idée d'une immigration massive en provenance d'Albanie.
Les Albanais insistent également sur leur lutte contre les Turcs, la coalition du prince Lazar comprenant des Albanais, et l'exode du Kosovo ayant touché des " insurgés" albanais contre la domination ottomane. Après avoir été rattachés au Royaume des Serbes, des Slovènes et des Croates à l'issue de la première guerre mondiale, les Kosovars albanais passeront, durant la seconde, sous l'occupation italienne et sous la domination de l'Albanie.
Ils ont par la suite toujours revendiqué le statut de République. Acquis en 1974, leur statut de région autonome fut supprimé par M. Milosevic en 1989, ce qui aboutit à un renouveau du sentiment national albanais et à une longue lutte contre la politique de discriminations mise en place par le régime yougoslave. April, 2006 MOSTAR, petite ville musulmane de Bosnie-HerzégovineMOSTAR, ville Ottomane de Bosnie.
Mostar, vous en avez peut-être déjà entendu parler? Pour ceux qui ne le savent pas, c'est une petite ville musulmane, située au carrefour des Balkans. Cette ville est célèbre pour son quartier turc, ses maisons ottomanes, ses mosquées, ses minarets, son ambiance orientale, mais surtout grâce au vieux pont qui enjambe la rivière Néretva. Qu'a donc ce vieux pont de particulier? C'est tout d'abord un héritage de la tradition byzantine, le vieux pont fut construit en 1566 par Mimar Hajrudin, un élève du célèbre architecte Sinan, père de l'architecture ottomane classique. Le nom de ce vieux pont en croate est: stari most (stari, signifie vieux et most, signifie pont, ce qui a valu le nom de Mostar, à la ville de Mostar. La particularité de ce pont est son arche en dos d'âne, de chaque côté de celui-ci, une tour fortifiée, la tour Halebija sur la rive droite et la tour Tara sur la rive gauche, datant toutes les deux du XVIIIème siècle. Le vieux pont est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Vous trouverez dans mon album photo, des images anciennes de ce vieux pont, des images récentes de sa reconstruction, des images de désolation, de guerre, certaines de ces photos m'appartiennent, d'autres non...Il fallait à tout prix que je vous relate l'histoire de ce pont, le pont de l'espérance et celui de la discorde.
En 1993, le pont de Mostar fut détruit par les Croates, leurs anciens alliés ( Mostar a effectivement eu d'abord un affrontement entre une coalision croato-musulmane contre les Serbes, puis en 1993 des combats opposant les anciens alliés croates et musulmans entre eux) . Entre 1993 et 1994, le HVO (armée croate de défense, ultranationaliste) a l'intention de faire de la Bosnie-Herzégovine un territoire exclusivement croate. Donc catholique. Les Serbes orthodoxes, Bosniaques musulmans, sont expulsés, ou envoyés dans les camps de Dretel, de Caplina ou de Mostar. C'est la désolation, la ville de Mostar subit des offensives fulgurantes de l'artillerie croate, le vieux pont est détruit séparant les deux communautés. Ce pont surnommé la lune pétrifiée en raison de sa silhouette, a été reconstruit à l'identique et inauguré le 23 juillet 2004 par Sulejman Tihic président du collège présidentiel de Bosnie-Herzégovine et Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO en présence de bien d'autres personnalités...(le jeune pont figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO).
Espérant que la "renaissance" du vieux pont que l'on surnomme aujourd'hui mladi most ( jeune pont) soit la force et la signification symboliques de la ville de Mostar, en tant que symbole universel et exceptionnel de la coéxistance de communautés d'origines culturelles, ethniques et religieuses différentes. Brève chronique de la guerre en ex-YougoslavieLe 25 juin 1991: la Croatie et la Slovénie proclament leur indépendance, aussitôt reconnue par l'Allemagne. Début de la guerre croato-serbe. Vukovar est assiègée.
3 janvier 1992: cessez-le-feu croato-serbe. En sept mois, la guerre a déjà fait 10 000 morts et déplacé 500 000 personnes. La communauté européenne reconnaît la Croatie, l'ONU fera de même en avril.
1er mars 1992: suite à un référendum d'autodétermination, la Bosnie-Herzégovine proclame son indépendance.
6 avril 1992: la communauté européenne reconnaît l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Dès le lendemain matin une république serbe de Bosnie proclame sa propre indépendance à Banja Luka. Les combats se multiplient, Sarayevo est assiégée. C'est le début de la guerre de Bosnie.
août 1992: le monde entier apprend l'existence de camps de concentration dans la région de Prijedor, en République Serbe de Bosnie.
6 mai 1993: création par l'ONU de six zones de sécurité en Bosnie-Herzégovine: Sarajevo, Tuzla, Zzpa, Biha Gorazde et Srebrenica.
9 mai: offensive des forces paramilitaires croates contre les musulmans bosniaques de la région de Mostar. Un mois plus tard, Franjo Tudjman, le président croate, et Slobodan Milosevic, le président serbe, concluent un accord pour se partager la Bosnie.
9 novembre 1993: les Croates détruisent le vieux pont ottoman de Mostar, symbole de la ville depuis quatre siècles.
24 août 1993: les Croates d'Herzégovine proclament une République indépendante d'Herzeg Bosna, avec le soutien de Zagreb.
mars 1995: la Croatie et la Bosnie concluent une alliance militaire contre les Serbes.
25 mai 1995: l'OTAN bombarde les positions serbes autour de Pale, en Bosnie. En représailles, les Serbes prennent en otages des soldats et des observateurs de l'ONU.
7-11 juillet 1995: les Serbes de Bosnie envahissent la zone de sécurité de Srebenica, sans que l'ONU ne s'interpose, et massacrent 8 000 musulmans.
30 août 1995: bombardements massifs sur les Serbes de Bosnie et entrée en action de la Force de réaction rapide ( FRP).
10 octobre 1995: cessez-le-feu généralisé.
novembre-décembre 1995: négociation et signature des accords de paix de Dayton. publié dans CQFD n°11, avril 2004.
April, 2006 Cet hiver, il a neigé en CroatieQuand on évoque la Croatie, on pense aux paysages féériques des ses côtes découpées, à ses multitudes d'îles, à un ciel azur, à une mer limpide et cristalline, aux bougainvilliers aux couleurs vives et chatoyantes, à une température douce et agréable...Bref à une brochure de magazine de destination de rêve! Mais connaissez vous la Croatie sous la neige? Non?
Eh bien, parcourez mon album photos et vous découvrirez la ville de Sibenik en Dalmatie du Nord, sous un manteau blanc, un sacré contraste entre la mer et la neige, merci aux caprices des saisons... April, 2006 La première guerre mondiale (suite d'origine des Slaves 2)L'attentat de Sarajevo (28 juin 1914), dont l'auteur fut un jeune nationaliste serbe de Bosnie, et qui causa la mort du prince héritier autrichien l'archiduc François-Ferdinand et de son épouse, servit de prétexte à la double monarchie pour déclarer la guerre à la Serbie. La Russie, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne s'y étant mêlées, le conflit serbo-autrichien devint une guerre générale.
Après avoir résisté victorieusement aux premières offensives autrichiennes, la Serbie fut envahie en septembre par les forces coalisées austro-hongroises, allemandes et bulgares. L'armée serbe et une nombreuse population civile se retirèrent vers le Sud. Ce fut la retraite d'Albanie, pénible marche à travers des montagnes impraticables, où des milliers de personnes épuisées de faim et de froid trouvèrent la mort. Recueilli sur la côte adriatique par les navires alliés, surtout français, le reste de l'armée serbe fut transporté d'abord à l'île de Corfou et, ensuite, à Salonique d'où partit la grande offensive franco-serbe du front d'Orient. L'occupation de la Serbie et les premiers succès sur les champs de bataille des puissances centrales n'affaiblirent pas la lutte des Yougoslaves pour leur indépendance. En dehors des efforts accomplis dans ce sens par le gouvernement serbe en exil, dans les capitales alliées, un comité, constitué par d'éminents représentants de toutes les régions et de tous les peuples yougoslaves se trouvant sous la domination austro-hongroise, mena une campagne très active.
Le 20 juillet 1917, le président du gouvernement serbe, Nikola Pasic, et le président du Comité yougoslave, Ante Trumbic, signèrent la déclaration de Corfou. Cette déclaration proclamait la volonté de tous les Serbes, Croates et Slovènes de s'unir, après la victoire, en un Etat national commun.
Le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. La Yougoslavie.
Les défaites allemandes en France et la rupture du front de Salonique par les troupes franco-serbes sous le commandement du général Franchet d'Espèrey, accélèrent le démembrement de l'empire austro-hongrois. A Zagreb, capitale de la Croatie, se réunit le conseil national yougoslave. Le 29 octobre, il décida de rompre définitivement avec la Double Monarchie. La Croatie avec la Slavonie et la Dalmatie, l'Istrie et la Slovénie, la Bosnie et les autres provinces yougoslaves proclamèrent leur indépendance et leur volonté de s'unir à la Serbie. Une délégation du Conseil national se rendit à Belgrade, déjà libérée , où le prince-régent Alexandre, en présence des membres du gouvernement et du parlement serbe, proclama, le 1er décembre 1918, le royaume des Serbes, Croates et Slovènes.
Ainsi fut constitué, répondant aux aspirations séculaires, le premier Etat national des Slaves du Sud.
Dès le début, la vie du nouvel Etat s'avéra difficile. La politique centraliste des vieux partis serbes provoqua de nombreux mécontentements et la Constitution de Vidovdan (1921) ne fut adoptée qu'avec une faible majorité parlementaire. D'autre part, les grèves et les difficultés économiques, conséquences de la guerre, aggravèrent constamment la situation intérieure. Les rigueurs de la loi sur la protection de l'Etat s'abattaient souvent très durement sur tous ceux qui, en dehors des conceptions officielles, cherchaient une solution aux problèmes politiques et sociaux. Le pouvoir central refusant toute autonomie réclamée par les divers peuples yougoslaves, la question nationale devint, avec le temps, le problème principal du régime. L'opposition à une telle politique se marqua surtout chez les communistes dont le parti fut interdit. En Croatie, également, le parti paysan croate de Stjepan Radic pratiqua une abstention menaçante. Finalement le meurtre, en pleine séance du parlement, de certains leaders croates aboutit à la suppression de toute vie parlementaire. Le 6 janvier 1929 le roi Alexandre abolit la Constitution, prononça la dissolution du Parlement et établit la dictature. Le nouveau gouvernement fut formé par le général Petar Zivkovic, commandant de la garde royale. Malgré la constitution octroyée en 1931, le roi Alexandre continua à exercer sa dictature personnelle jusqu'à sa mort. Il périt assassiné, à Marseille, en 1934, lors d'un attentat qui coûta également la vie au ministre français Louis Barthou.
La disparition du roi Alexandre marque un tournant important dans l'histoire de la Yougoslavie de l'entre deux guerres. Les gouvernements de la Régence, notamment ceux de Milan Stojadinovic et le gouvernement de coalition Dragisa Cvetkovic-Vlatko Macek, s'écartent de plus en plus de la politique d'amitié traditionnelle avec les grandes puissances occidentales, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et s'engagent dans la collaboration avec les puissances de l'Axe. Devant la poussée nazie à Munich s'écroule également la Petite Entente et l'entrée des troupes allemandes en Roumanie met fin à l'Entente Balkanique. Le 25 mars 1941, la yougoslavie adhère, à Vienne, au Pacte Tripartite.
La seconde guerre mondiale
La Yougoslavie ne resta membre du Pacte Tripartite que deux jours. Une conjuration militaire, soutenue par l'immense majorité de la population, renversa le 27 mars 1941 le gouvernement Cvetkovic-Macek. Le chef des conjurés (le général Dusan Simovic) forma le nouveau gouvernement. Les documents officiels allemands, publiés par les alliés après l'occupation allemande, témoignent du courroux qui s'empara de Hitler lorsqu'on lui communiqua la nouvelle du coup d'Etat de Belgrade. Le 6 avril, il ordonna à ses troupes d'attaquer la Yougoslavie. Sans déclaration de guerre, Belgrade subit un dur bombardement aérien qui causa des milliers de victimes et bientôt le pays fut envahi de tous les côtés.
Pendant cette guerre, la Yougoslavie connut de nombreux occupants: Allemands, Italiens, Hongrois et Bulgares. Après avoir annexé de vastes territoires yougoslaves à leurs propres pays, ils établirent en Serbie, à Belgrade, le gouvernement fantoche de Milan Nedic et, en Slovénie, à Ljubljana, celui de Lav Rupnik. A la suite d'un accord entre Hitler et Mussolini, l'Etat indépendant de Croatie de Ante Pavelic fut formé à Zagreb. Pavelic et ses ustasi provoquèrent l'indignation du monde libre par de nombreux massacres de la population civile serbe.
Le démembrement du pays et un système d'occupation impitoyable ne donnèrent pas les résultats escomptés par l'ennemi. Une résistance nationale farouche s'organisa immédiatement. Le mouvement de la Libération Nationale dirigé par le parti communiste et son secrétaire général Josip Broz-Tito et comprenant, outre les communistes, des éléments de toutes les classes de la société yougoslave, s'étendit rapidement à toutes les régions.
Avec les armes arrachées à l'ennemi, les partisans livrèrent une lutte sans merci aux occupants supérieurs en nombre et pourvus d'une technique moderne. Durant très longtemps leurs efforts ne furent soutenus ni par les Alliés ni par le gouvernement yougoslave en exil à Londres et ce dernier nomma le général Draza Mihajlovic pour le représenter. Capturé en 1945, queques mois après la libération de la Yougoslavie, Mihajlovic fut traduit devant un tribunal militaire. Accusé de collaboration avec l'ennemi, il fut condamné à mort et exécuté.
le mouvement de libération nationale
Dès 1941, de grandes insurrections ébranlent le régime établi par les occupants. Les partisans libèrent de vastes territoires où se forment les premiers organes du pouvoir populaire ( les comités de libération nationale). Dans la population civile, les exécutions atteignent des proportions effrayantes. En octobre 1941, les Allemands exécutent environ 6.000 habitants dans la ville serbe de Kragujevac. Mais les expéditions punitives organisées par les Allemands et leurs alliés ne font qu'accroître la résistance nationale. Les petits détachements de partisans deviennent rapidement l'armée de la libération nationale dont les opérations sont conçues et dirigées par un état-major suprême.
Pour détruire cette armée, l'ennemi entreprit sept grandes offensives contre les territoires libérés et une série d'autres opérations à la suite desquelles le pays fut entièrement ravagé. On évalue à une quarantaine le nombre des divisions que les puissances de l'axe durent maintenir en Yougoslavie durant toute la guerre. Au printemps de 1944, les Allemands, reculant sur le front de l'Est et pressentant l'approche du débarquement allié à l'Ouest, tentèrent une opération de grande envergure contre Drvar, siège de l'état-major de Tito. Des parachutistes lancés au-dessus de cette localité bosniaque conjuguèrent leur action avec celle des unités blindées venues par la route. Mais, après une courte et sanglante bataille l'assaillant fut défait. Le fameux Scorzeny qui, sur ordre de Hitler, avait déjà organisé l'enlèvement de Mussolini, eut beaucoup de peine à sortir vivant de Drvar.
Lorsque en octobre 1944, les Russes s'approchèrent des frontières orientales de la Yougoslavie, l'armée de la Libération Nationale avait déjà dans ses rangs plus d'un demi-million d'hommes. Après la libération de Belgrade (20 octobre 1944) elle poursuivit les Allemands à travers le Srem, la Slavonie et la Bosnie, détruisit en Slovénie le groupe d'armées du général allemand Lehr et, en mai 1945, entra dans Trieste. Au cours de ces derniers combats, les Yougoslaves firent plus de 200.000 prisonniers.
Les pertes en vies humaines de la Yougoslavie au cours de la seconde guerre mondiale s'élèvent à environ un million et demi.
Les décisions de l'AVNOJ
En novembre 1943 se réunit dans la ville de Jajce, sur le territoire libéré, le Conseil antifasciste de libération nationale de la Yougoslavie ou AVNOJ. Condamnant l'attitude du gouvernement yougoslave, en exil à Londres, et qui soutenait toujours le général Mihajlovic, le Conseil se proclama seul représentant légal des peuples yougoslaves et se prononça pour une organisation fédérative de l'Etat yougoslave après la guerre. A cette même occasion fut constitué le comité de libération nationale (gouvernement) en tant qu'organe exécutif de l'AVNOJ. Tito, auquel le conseil conféra le grade de maréchal, fut élu président du comité.
Les décisions de l'AVNOJ qui sont à la base de l'organisation de l'ex yougoslavie, eurent un grand retentissement dans toute la Yougoslavie ainsi que dans la presse et les milieux politiques du monde libre. Sur une intervention des alliés, le nouveau gouvernement yougoslave de Londres fut formé par le Dr. Ivan Subasic, ancien ban de Croatie, qui en juin 1944 avait réalisé un accord de principe avec le maréchal Tito. Sur la base de cet accord fut formé, au printemps 1945, après la libération de la Yougoslavie, le premier gouvernement yougoslave comprenant des représentants du gouvernement de Londres et ceux du Comité de Libération Nationale. Tito en devint président et Subasic ministre des Affaires Etrangères.
En novembre 1945 eurent lieu les élections pour la Constituante. Le front populaire remporta une victoire totale. La monarchie fut abolie et le 29 novembre fut proclamée la Répubique Fédérative Populaire de Yougoslavie. Le 31 janvier 1946 le Parlement adopta une nouvelle constitution.
D'après cette constitution, la Yougoslavie forme un Etat fédéral composé de six républiques: SERBIE, (avec deux provinces autonomes, Vojvodina et Kosovo-metohija), CROATIE, SLOVENIE, BOSNIE- HERZEGOVINE, MACEDOINE et MONTENEGRO. Tous les peuples de cet Etat (y compris les minorités nationales), sont égaux en droits. La constitution proclame également le suffrage universel, direct et secret, l'égalité en droits des hommes et des femmes, la liberté de conscience et du culte et la liberté de la presse. Toutes les richesses du sous-sol, les sources d'énergie naturelle, les moyens de communications ferroviaires et aériens, les P.T.T. et la T.S.F. sont nationalisés. Ces éléments socialistes de la constitution sont complétés par un principe: " La terre appartient à ceux qui la cultivent ", à partir duquel il a été procédé à une vaste réforme agraire. De plus, l'article 18 de la constitution stipule que " la propriété privée et l'initiative privée dans l'économie sont garanties". Néanmoins, au mois de février 1959, une loi a été promulguée qui a nationalisé les immeubles comprenant au moins deux grands appartements ou trois petits, ainsi que les terrains à bâtir.
L'organe fédéral suprême du pouvoir populaire est l'Assemblée Populaire de la R.F.P. de Yougoslavie qui est composée de deux chambres: l'Assemblée Fédérale et le Conseil des Peuples. L'Assemblée Populaire de la R.F.Y. élit un Présidium à la tête duquel se trouve un président. Le gouvernement fédéral est l'organe exécutif et administratif suprême du pouvour d'Etat. Les six républiques qui entrent dans le cadre de la Yougoslavie possèdent également leurs assemblées populaires, et leurs gouvernements particuliers.
La constitution de 1946 fut modifiée en janvier 1953 par une loi constitutionnelle qui a supprimé le Présidium et créa le poste de Président de la République. Le gouvernement fut remplacé par le Conseil Exécutif Fédéral qui n'est en fait qu'une commission de l'Assemblée, tandis qu'à la tête de l'administration se trouvent cinq secrétaires d'Etat ( Affaires étrangéres, défense nationale, intérieur, économie et budget). Le parlement fédéral est composé du Conseil Fédéral et du Conseil des Producteurs. Il en est de même des parlements des diverses républiques.
Le 14 janvier 1953, Tito fut élu premier président de la République Fédérative Populaire de Yougoslavie. A suivre... |
|
|