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November, 2006 Trogir, petite cité médiévale.Trogir est non seulement un site urbain très ancien sur la côte croate de l'Adriatique mais elle compte également, de par son histoire vieille de quatre millénaires, parmi les plus anciennes villes de toute la Méditerranée. Les premières traces de vie remontent à la préhistoire, vers l'an 2000 av.J.C.
Déjà à cette époque-là il y a sur l'îlot, se trouvant dans l'étroit chenal entre l'île de Ciovo et la terre ferme, une cité bien organisée et sur les collines environnantes, autour d'une plaine fertile, s'élèvent des localités fortifiées. Le site illyrien, y existant en 219 av. J.C., devient le centre commercial de la colonie grecque dont le siège se trouvait dans l'île de Vis. La cité prit alors le nom de Tragyron ou Tragurion d'après la montagne Kozjak toute proche ( Koza = TRAGOS).
Trogir fut alors organisée sur le plan urbain comme toutes les autres localités de l'époque. La ville fut ceinte par une muraille et à l'intérieur le réseau de ruelles formait des blocs de maisons rectangulaires. Au-dessous du campanile de la cathédrale de Trogir fut trouvé l'autel des sacrifices de la déesse grecque Héra, ce qui prouve que les lieux de culte se trouvaient toujours au même endroit dans toutes les civilisations, sans égard à la religion à laquelle ils étaient voués. Le Tragurium romain du 1er siècle av. J.C. faisait probablement partie de la colonie romaine de Salone.
A proximité de Trogir il y avait des carrières connues pour la marbre de couleur d'or qu'on employait pour les détails décoratifs des édifices à Salone et, plus tard, pour ceux du palais de Dioclétien à Split. Le christianisme s'installe à Trogir dès le Vè siècle. Lorsqu'en 640, les Avars et les Slaves détruisent Salone, la plus grande et la plus importante ville sur la côte Est de l'Adriatique à cette époque là, c'est Trogir qui devient un centre urbain d'une grande importance et dont le rôle s'accroîtra de plus en plus au cours du Moyen-Age.
La cité voisine de BIJACI fut alors une des capitales des souverains croates et leur influence sur Trogir était considérable. Suite à l'éffondrement de l'Etat croate, la ville passa sous la souveraineté croato-hongrois, en commençant par le roi Koloman. Trogir fut alors considérée comme une cité libre et jouit de nombreux privilèges ce qui permettra son développement. Son rôle devient très important après la destruction de Zadar par les Vénitiens au début du XIIIè siècle, parce que les voies de communication de la Hongrie avec la côte adriatique se déplacent plus à l'Est. Trogir élisait ses recteurs parmi les membres des familles patriciennes croates les plus puissantes, telles que par exemple les Subici, qui assuraient sa protection et son statut. Au Moyen-Age il y eut souvent des conflits entre Trogir et Split, deux villes rivales.
Dès le XIIè siècle, Trogir fut exposée aux attaques des Vénitiens et la Sérénissime soumet la ville sous son emprise en 1420. Elle fut une des dernières villes dalmates tombées sous la domination vénitienne, après que le roi croato-hongrois Ladislas de Naples eut vendu, en 1409, ses droits sur la Dalmatie pour la somme de 1000 000 ducats. Malgrè l'interdiction vénitienne de l'emploi de la langue croate, à Trogir de la Renaissance fleurit la littérature en langue croate. Au XVè et XVIè siècles Trogir est un des centres les plus importants de l'humanisme sur la côte Est de l'Adriatique. Deux familles patriciennes puissantes de Trogir y jouent un rôle prépondérant, les Cipiko et les Lucic. Trogir restera sous la domination vénitienne jusqu'à la chute de la République en 1797. Elle sera alors successivement, d'abord sous la domination autrichienne et puis, au temps de Napoléon 1er, sous la domination française.
De nombreuses réformes imposées par Napoléon eurent de l'écho. Les Français asséchèrent dans les environs des marécages, ils construisirent des routes et fondèrent à Zadar même le collège Saint-Lazare. Les Zadarois, conscients des progrès dus aux Français, élevèrent à Trogir en 1808 une belle gloriette de style néoclassique à la gloire de la France, en l'honneur des Français et du maréchal Marmont. A partir de 1814, Trogir est de nouveau sous la domination autrichienne qui durera tout un siècle. La soumission à l'Autriche ainsi que le développement de la ville voisine de Split, entament le déclin de Trogir et, dans les années trente du XIXè siècle, elle perd même son statut d'évéché.
A la fin du XIXè siècle la construction y prend un grand essor. On édifie surtout des bâtiments publics, de styles néogothique et néoclassique et certains édifices importants, tel l'hôtel de ville, subissent des remaniements dans les mêmes styles. Après la Seconde Guerre mondiale, Trogir se développe dans l'esprit de l'industrialisation propre aux conceptions du socialisme. On construit alors un grand chantier naval mais dans un lieu inadéquat. A proximité de la ville on édifie l'aéroport de Split, on élève d'autres bâtiments ce qui a pour conséquence la construction de maisons d'habitations et d'édifices destinés au tourisme, autant sur la terre ferme que dans l'île de Ciovo et ainsi le noyau historique de Trogir se fond dans un paysage aux édifices d'architecture moderne. Mais vu la beauté unique du noyau historique de la ville et les magnifiques monuments-joyaux qu'elle abrite, la ville de Trogir fut inscrite en 1997 sur la liste du patrimoine culturel mondial de l'UNESCO. Comments (5)
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