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    March, 2007

    Histoire de l'île de ZLARIN

    D'origine Slave, pour ceux qui ne le savent pas ! mes souvenirs d'enfance sur cette petite île Dalmate, l'envie de vous faire partager ce lieu si beau et cher à mon coeur on fait que je me devais de vous faire découvrir son histoire...

    Zlarin est une île dans l'archipel de Sibenik. Elle est localisée à l'entrée même du chenal de Sibenik. Depuis toujours elle a joué un important rôle stratégique de gardienne de l'entrée du chenal St Ante, de l'embouchure du fleuve Krka, du lac de Prokljan, de l'antique Scardona ( Skradin), et plus tard de la ville croate de Sibenik. Elle est l'une des six îles habitées de l'archipel de Sibenik tout en étant la plus proche de la ville de Sibenik dont elle se situe à 6,5 km de distance. Sa surface est de 8,19 km2 et elle possède 18,7 km de côtes découpées. Sa colline la plus élevée est Klepac qui s'élève à 170 m au-dessus du niveau de la mer. Entre deux bas monticules se trouve le vaste champ de Zlarin où l'on cultivait autrefois la vigne et les oliviers ainsi que des amandiers et des cerisiers. Ces dernières année les oliviers resurgissent et les pins dispersés à travers toute l'île confèrent une luxuriante verdeur à Zlarin.

     

    Le climat est méditerrannéen grâce à la mer et aux doux vents d'été. Il en va de même pour l'hiver avec peu de précipitations et beaucoup de soleil. Le maximum de précipitations se produit en automne et au début du printemps. En été, la mer qui atteint les 20 mètres de profondeur a une température allant de 18 à 24°C. Avec un ensoleillement annuel de 2560 heures Zlarin compte parmi les îles les plus ensoleillées de l'Adriatique. En été, l'exposition au soleil tourne autour d'une moyenne de 12 heures par jour. Un tel climat favorise la végétation méditerranéenne, de préférence la flore aromatique. Il y a de nombreuses plantations d'amandiers, d'oliviers, de cerisiers et de vignes. On cultive les pommes de terre, les fèves, les haricots, les pois et surtout les tomates.

     

    En raison de sa situation aux abords d'une voie maritime qui se dirige le long de la côte depuis le sud vers le nord, et inversement, Zlarin constituait un point de mouillage dont la sûreté remontait aux temps les plus reculés. Elle était bien protégée du sirocco, du vent d'est et dans une certaine mesure de celui du nord. L'endroit était pourvu de sources d'eau potable situées le long du rivage.

     

    Des pirates et des visiteurs fréquentaient souvent l'endroit et par mesure de sécurité les habitants avaient fondé l'agglomération de Borovica, loin de la côte. Plus tard de riches Romains y construisirent des maisons de campagnes. On présume sur base de certaines trouvailles que des individus de l'âge de la pierre vécurent sur Zlarin (deux haches en pierre ont été trouvées), lesquels indivisus seront refoulés par des nomades et des Illyriens au 3ème siècle av. JC. Les Illyriens construisirent des gracinas au sommet des collines et de là ils allaient surveiller les troupeaux tandis que la garde y montait le guet pendant la nuit. La colline de Gracina atteint 93 mètres et se trouve du côté nord-est dans la partie centrale de l'île. On enterrait les morts dans des tumulus dont certains ont été découverts en divers endroits de l'île. Il en existe deux dans la région dénommée Pod Kosiric.

     

    Cette partie de l'île est la plus intéressante sur la plan archéologique. Du côté le plus ensoleillé en bord de mer se trouvent des vestiges romains qui ont été mis à jour. Par ailleurs les maisons de Trut recèlent des traces du 14ème et du 15ème siècle, à l'époque où ce domaine appartenait au noble Kosiric de Sibenik. Toute la région a été dénommée Pod Kosiric. Déjà sous les Romains un étang se situait devant le domaine. Par moment il était à l'état d'abandon puis on le réaménageait. A l'entrée du domaine se trouve actuellement un portail (portun) en pierre avec un blason majestueux sur lequel on observe des branchettes et un poisson en plus de l'inscription " SUB UMBRA" (ombrée) et les lettres " CI". Selon l'historien don Krsto Stosic, le propriétaire entendait par là: " Je me tiens à l'ombre en été et la nuit je pêche le poisson ".

     

    Il existe diverses interprétations sur le nom de Zlarin. Pour certains elle aurati reçu son nom du latin Aurea Insulae- l'île d'or. D'autres envisagent le terme phénicien " zarim" qui signifie archipel ou encore les racines herzégoviennes de la population immigrée qui aurait baptisé son nouveau lieu de séjour du nom de Zlarin en fonction d'une région bordant la Neretva qui rappelle la baie de Zlarin. D'autre part la colline la plus élevée Klepac serait en rapport avec le village Klepci dans la vallée de la Neretva. D'autres appellations provenant de cette région existent dans certaines localités de Zlarin.

     

    Dans les documents les plus anciens le nom de Zlarin a été inscrit pour la première fois en 1298. Sur les cartes vénitiennes outre le nom de Zlarin on trouve également Slarin.

     

    A partir de 1298, Zlarin fut la possession féodale de l'évêché de Sibenik mais au fil des ans et des siècles de plus en plus de personnes physiques entrèrent en possession de parcelles de terres. Les taxes que les serfs devaient concéder à leurs seigneurs ou à leurs prébendiers de l'église provoquaient souvent des lititges que les autorités vénitiennes et austro-hongroises, puis française, résolvaient fréquemment par des menaces, des rappels des devoirs et même des pénalités.

     

    Il existé peu de données sur la colonisation de Zlarin. On peut malgré tout reconstituer avec une quasi certitude les déplacemens et la vie sur les rivages des îles d'après les récentes trouvailles archéologiques sur l'île ou d'après les découvertes de navires ayant sombré avec leurs chargements sur le territoire de l'Adriatique centrale. Les voies maritimes s'étendaient du sud vers le nord en empruntant la route la plus sûre au travers des îles de la Dalmatie centrale. La navigation en partance du nord vers le sud suivait le même trajet. Quiconque provenait de ces navires, qu'il soit marin ou marchand, produisait une certaine emprise culturelle sur le gens des rivages et recevait en retour l'influence de leur mode de vie, de leur culture et coutumes. Depuis toujours la vaste baie de Zlarin avait été un point d'ancrage fiable, y compris pour les grosses embarcations. Les sources d'eau potable à proximité même de la rive offraient la possibilité de renouveler les réserves. Les anciens Illyriens ont laissé de nombreux vestiges dans leurs gracinas et tumulus, quant aux Romains ils auront légué les premiières églises et élevages de poissons. Le moyen âge transmit le style des maisons de campagne des seigneurs de Sibenik, mais aussi des écrits religieux et de nombreux documents de réglementations administratives.

     

    Le serfs et les pêcheurs peuplaient l'île sur laquelle les seigneurs se rendaient par intermittence, le plus souvent en été et à l'époque de la moisson.

     

    Dans les privilèges conservés des rois croato-hongrois, depuis Bela IV en 1241 et les souverains qui lui succèdent jusqoue Sigismond, Zlarin est mentionnée comme faisant partie intégrante du territoire de la ville de Sibenik. Puisque liée à Sibenik, l'île de Zlarin allait partager le destin de celle qui sera ville royale du Royaume de Croatie puis se retrouvera sous les Arpadovic, ensuite les princes croates qu'étaient les Subic ou d'autres gouvernants. Plus tard Sibenik traversa les guerres que se livraient entre les viles dalmates et elle partageau leur résistance face aux visées vénitiennes jusqu'au début du 15ème siècle. C'est à ce moment là que la domination de l'état vénitien s'affermit sur le territoire de Sibenik. Par l'accord du 30 octobre 1412, Sibenik allait accepter le pouvoir de cet étét et rester dans son giron jusque l'année 1797.

     

    Les conditions générales et la sécurité d'existence sur l'île de Zlarin furent semblables à celles d'autres îles de la Dalmatie durant cette période s'étalant depuis le moyen âge jusque 1797. Il n'existe pas de données concernant le sort de Zlarin pendant les nombreux assautes des Vénitiens contre Sibenik et son territoire. Cela vaut plus spécialement au moment des règlements de compte avec les Vénitiens pendant la seconde moitié du 14ème siècle sous Louis d' Anjou, lorsque la Dalmatie put temporairement se remettre du cauchemar vénitien. A l'époque des guerres des Uscoques dans l'Adriatique au 16ème et 17ème siècle, il y a de plus en plus de localités et d'îles dans l'archipel de Sibenik qui sont référées comme des abris ou des points d'appuis pour les Uscoques. De surcroît il y a le danger turc. La plus lourde menace date de 1646/47, quand l'énorme puissance turque attaqua Sibenik à partir du continent. Les navires turcs avaient bloqué l'entrée dans la rade de Sibenik de manière à faire peser un peril immédiat sur Zlarin. Dès le milieu du 16ème siècle, l'administration vénitienne avait érigé la forteresse relativement solide de St Nikola à l'entrée du canal de Sibenik afin d'en défendre les accès. Elle ne profita pourtant pas à la défense de Zlarin d'autant plus qu'il n'y avait pas de navires vénitiens dans les parages.

     

    Les laboureurs de Zlarin vivaient des circonstances historiques tout aussi difficiles. Les chanoines, prébendiers et autres seigneurs qui avaient acquis des possesssions sur Zlarin vivaient à l'abri des murailles des villes et ne séjournaient qu'à titre temporaire dans leurs résidences d'été sur Zlarin.

     

    A l'époque de la terrible peste de 1694, les villas des nobles de Sibenik sauvèrent la vie de nombreux habitants de cette ville qui avaient cherché leur salut sur Zlarin. L'île comptait alors les villas des famillles nobles suivantes: Dominis, Kosiric, Sizgoric, Muzic, Contarini, Prahuiljic, Divnic, Casinelli, Denigrio, Semonic, Andreis, De Gala, Lando, Protos et Fontana. Le célèbre évêque Ivan Tonko Mavranic possédait une maison paternelle et un vignoble sur Zlarin. Il y séjournait souvent. Le vieux château à Bucina a été construit par le prince Konstentin Lascari de Sibenik. Plus tard ce château entra en possession de la famille Zuliani et après la réforme agraire, autour de 1933, la plupart des terres devinrent propriété de leurs serfs d'alors, la famille Cukrov.

     

    Le fléau de la peste était fortement répandu parmi les Turcs à l'époque de la guerre de Candie. La maladie fut transmise dans les parages par les soldats turcs depuis Glamoc en Bosnie. Un commerçant de Sibenik leur avait acheté de la marchandise et le 6 juin 1649 le premier cas de peste fit son apparition à Sibenik. En sept mois de ravage on estime qu'entre 6.000 à 12.000 personnes y auront péri. La population de la ville dégringola pour ne plus compter que 1.500 âmes. Ceux, ayant pris la fuite devant la peste emprtèrent le bacille à Zlarin. On connaît le cas émouvant par le fils de Marko qui a fait bâtir la chapelle de St Roko Bratic. Ils décédèrent à Zlarin et ont été inhumés par le fils de Marko qui a fait bâtir la chapelle de St Roko, laquelle chapelle se dresse encore de nos jours le long du cimetière de Zlarin en souvenir de cette époque. A Zlarin environ 70 individus moururent de la peste et certaines familles renommées s'éteignirent entièrement: les familles Krizancic, Miheljic et Taviljic, ainsi que les descendants de Nikola Vrancic et Juraj Parcic.

     

    Pour le reste, l'immigraiton à Sibenik et à Zlarin est liée aux grands déplacements du 13ème siècle lorsque la population de l' Herzégovine commença à se retirer en direction de l'occident. La seconde vague se produisit au 16ème et 17ème siècle au cours d'une percée plus profonde des Turcs en Bosnie, plus spécialement en 1511, et par la suite autour de 1570 et 1647. C'est alors que de nombreuses familles de Bosnie s'installèrent à Zlarin et dans les îles avoisinantes. En se retirant de Bosnie certaines communautés se scindèrent. Des éléments se retirèrent à l'ouest dans le Primorje, en Istrie et même en Italie tandis que d'autres descendirent vers la mer jusqu'aux villes damates et les îles. La famille Bjazic qui s'était retirée depuis la Bosnie centrale en constitue un exemple caractéristique. La plupart de ses membres se dirigea vers l'Istrie non loin de Pula où l'on peut y trouver de nos jours un village du nom de Bijazici. Une autre partie arriva à Zlarin aux alentours de l'année 1600 et elle s'est installée à Ruza sur Glavica.

     

    L'arrivée de ceux qui fuyaient la peste à Sibenik avait également augmenté le nombre d'habitants à Zlarin. Le nombre ne cessa de s'accroître à partir des 70 habitants recensés en l'année 1298. En 1175, on en comptait 1.246. Ils seront 1.684 pour l'année 1881 et le nombre le plus élevé fut enregistré en 1910, lorque 1.846 habitants furent recensés sur Zlarin. Ensuite débuta la stagnation des îles et de la Dalmatie, puis vint le déclin. Les causes en sont la faillite des voiliers, l'appariton du moucheron des oliviers, la découverte de récifs de coraux concurrentiels en Italie, la difficulté de placer les coraux non taillés et surtout l'apparition du phylloxéra autour de l'année 1900. En outre, il y eut la crise de l'économie mondiale. L'émigration en direction de tous les continents se fit massive. La main d'oeuvre la plus active s'expatria et le nombre d'habitants s'amenuisa. Après le Deuxième Guerre mondiale on enregistra 896 habitants pour l'année 1948. En 1991, leur nombre avait chuté à environ 350 résidents permanents.

     

    De nombreuses villes du monde telles que Buenos Aires, New York, San Pedro, Punta Arenas et d'autres deviendront le lieu d'installation pour un grand nombre d'habitants de Zlarin. Ils sont bien plus nombreux que ceux qui vivent à Zlarin. Les relations affectives des anciens émigrés et de leurs descendants avec leur île natale de Zlarin sont restées vivaces. Ils l'ont démontré à de nombreuses occasions en aidant directement des projets toujours plus vastes pour le progrès de Zlarin tel que l'installation du courant et celle de l'eau depuis le continent jusque l'île.

     

    Comme il en va d'ordinaire pour les habitants des îles, ceux de Zlarin sont depuis des temps immémoriaux orientés vers la navigation étant donné que le cannot était leur unique lien avec le monde. L'expérience séculaire avait produit d'excellents marins qui possédaient une foule de petites embarcations pour leur emploi domestique, que ce soit des navires de pêche ou de commerce. La navigation à Zlarin a connu de forte éclosion dans les années cinquante du 19ème siècle, lors de " la guerre de Crimée", où l'on recensa à Zlarin 13 peligas, 23 bracera, 23 leutas, plus environ 80 barques plus petites, des navires de pêche ou de transport. Chaque année jusque 6.000 embarcations pénétraient dans la rade de Zlarin. Les habitantsde l'île ne se resquaient pas à naviguer en haute mer et ils étaient plutôt des marins " naviganti " à bords de navires de divers propriétaires, particulièrement en temps ultérieur sur ceux de la Lloyd de Trieste. La famille Beban possède pour l'année 1868 un voilier long-courrier, le " Tre cugine " de 447 tonnes. Avec le déclin des voiliers et l'appariton des navires à vapeur on assista sur Zlarin à des tentatives en faveur de ces derniers. Ce fut le cas en 1897, lorque Ante Adum acheta un navire à vapeur de 94 tonnes brutes ayant été construit à Kiel et qu'il baptisa du nom de " Zlarin ". Le point d'orgue de la navigation sera atteint autour de l'année 1880, quand cette activité sera devenue la plus importante pour l'ensemble de l'économie de l'île. Selon le nombre de marins, la période la plus intensive est celle allant de la première décennie du 20ème siècle jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. C'est alors que débutera une tendance regressive continue et la diminution du nombre de voiliers pour le cabotage. En 1926, il n'y aura même pas un navire à vapeur. Ce n'est qu'à ce moment que les familles Vukov et Beban se procureront les navires à moteur que sont le " Sv. Nikola ", le " Sv. Ante ", le  " Lovac " et le " Jastog ", ainsi que le voilier à moteur " Nirvana " qui était un yacht luxueux pourvu de cabines pour les touristes. Le 14 novembre 1944, le " Nirvana " devint le premier navire école de la marine de guerre yougoslave. Aujourd'hui le port de Zlarin est même devenu trop exigu pour une multitude d'embarcations petites ou moyennes qui servent principalement à des fins domestiques et pour la pêche.

     

    Depuis toujours et jusqu'à l'époque moderne l'olivier et la vigne ont formé l'assise principale non seulement de la production agricole mais aussi de l'ensemble du mode de vie sur Zlarin. Dans la codification statuaire à Sibenik datant du 14ème siècle les normes prescrivaient que des oliviers soient cultivés dans chaque vignoble tout en veillant à ce que la distance entre les arbres soit de 4 " pashas " (le pas: est la mesure  de longueur allant de l'extrémité d'une main juqu'à l'extrémité de l'autre). Cette coutume fut conservée pendant des siècles. Le registre du cadastre de l'année 1825 énonce que: " Toute l'île de Zlarin est plantée d'oliviers et de vignes aussi le vin et l'huile sont-ils les principaux produits de cette municipalité ". Il était établi que la récolte des olives devait être effectuée dans la période allant du 15 novembre au 15 décembre de chaque année. La production d'huile atteignit son maximum à la fin du 18ème siècle tandis qu'au 19ème siècle elle régressa constamment en raison de la chute du prix de l'huile, de l'apparition du " moucheron de l'olivier " et de la conjoncture vinicole qui régnait à l'époque en Europe. Tout cela mena ua recul progressif de la culture de l'olive dont le renouveau plus intensif ne date que de ces dernières années.

     

    Le travail  de la vigne a connu une toute autre tendance dans son développement. La viticulture progressa jusqu'aux premières années du 20ème siècle. En particulier elle commença à prospérer fantastiquement à partir des années cinquante du 19ème siècle. Pour les trois années allant de 1831 à 1833, la production de vin sur le territoire de la municipalité de Zlarin avait atteint près de 10.000 fûts. En 1860, presque 24.777 hl de vin auront été produits.

     

    La viticulture à Zlarin connaît son pic de prospérité dans la période allant de 1870 à 1890. Par la suite débutera l'assaut du phylloxera. En 1902, le Sabor dalmate établit que la maladie avait touché tout le nord de la Dalmatie, franchit le fleuve de Krka et était apparue à Crnica près de Sibenik...C'était le coup le plus dur pouvant atteindre une région vinicole telle que la Dalmatie. La crise culmina aux alentours de 1905. La désolation dans les vignobles, la faillite des grand voiliers et le recul dans la culture de l'olive se combinèrent en une crise d'une telle ampleur qu'elle résulta par la régression généralisée, l'émigration à travers le monde et l'appauvrissement qui pendant  des années n'allait pas connaître de répit.

     

    La troisième branche de l'économie de Zlarin était la pêche. Plus tard ce sera l'industrie du corail. Il existe plusieurs stipulations sur la pêche dans les réglementations statuaires de la municipalité de Sibenik dantant du 14ème et du 15ème siècle. Malgré cela cette activité avait oujours relevé expressément du domaine de la coutume populaire non écrite. L'activité de la pêche s'était développée au travers d'une longue tradition. On attrapait principalement des poissons à l'huile pour le salage mais aussi des poissons à chair blanche pour la vente. Les principales zones de pêches, outre les proches environs de Zlarin, se situaient tout près de Zirje et des îles Kornati. C'est dans la baie de Muna à Zirje et dans de nombreuses autres baies sur les îles que certains propriétaires de filets et d'embarcations possédaient à portée de main des entrepôts où ils conservaient le sel et le poisson salé. De la sorte ils ne devaient pas se rendre chaque jour à Zlarin avec leurs prises de pêches. Le poisson salé fut pendant des décennies le principal produit de la pêche. Toute une chîne de roduction existait sur place étant donné que les pêcheurs attrapaient le poisson, que les tonneliers fabriquaient des barils en bois pour le salage du poisson et que le sel intervenait comme l'élément le plus important de cette chaîne. Celui qui possédait des salines dirigeait le marché du sel et par delà la production du poisson salé. C'est l'état qui disposait du monopole sur le sel. Cela explique que les autorités vénitiennes en particulier, et ensuite les autorités austro-hongroises, ont rendu une multitude de prescriptions sur la production du sel, sur son transport et sa vente tout en luttant sévèrement contre son commerce ou sa production illégale. Le sel représentait une source de revenu très importante pour l'état. Les salines se trouvaient en plusieurs endroits le long de l'Adriatique. Celles tout près de Zablace étaient les plus proches de Zlarin. Quelques riches habitants de Zlarin seront incités à transférer leurs ouvriers et ensuite les membres de leurs familles sur la côte. C'est ainsi qu'ils fondèrent la nouvelle agglomération de Zablace qui fera partie de la municipalité de Zlarin. Les habitants de Zlarin créèrent une localité semblalbe à Srima.

     

    Tout le poisson salé était emporté pour être vendu à Venise tandis que le poisson frais était destiné au marché de poisson de Sibenik. On y payait deverses redevances qui permettaient à la ville de rasliser des bénéfices. Cependant des négociants allaient arriver par bateau à partir des villes du sud de l'Italie mais aussi depuis les Etats pontificaux. Dans des baies dissimulées de Zirje ou dans d'autres îlots ils se mirent à acheter toute la quantité d'anchois, fumés ou non, et celle de maquereaux. De la sorte ils évitaient de payer des redevances. Le sel était donc vendu sans être déclaré et l'état perdait un important bénéfice. C'est pourquoi en 1627, un navire fut spécialement équipé afin de réprimer la contrebande le long de la côte, aussi bien pour le poisson salé que pour le commerce illégal du sel. En 1635, les Morlaques furent accusés d'être les principaux vecteurs de la contrebande.

     

    Le potenciel en matière de pêche à Zlarin fut en hausse constante à partir du 16ème siècle jusqu'à la fin du 18ème siècle. Il se maintiendra au 19ème siècle. La conséquence de l'augmentation du nombre de filets et de pêcheurs découle de l'extension des zones de pêche aux Kornati et en direction de Salim. Cela engendra de nombreux conflits, procès et envois de mémorandum aux autorités afin que les pêcheurs de Zlarin soient éloignés de ces territoires. Dans les années trente du 19ème siècle, hormis l'agriculture, plus de 255 personnes s'occupaient de pêche et d'industrie du corail. Trente six barques équipés pour différents types de pêche requéraient 149 personnes tandis que 12 barques avec respectivement 5 membres d'équipage se chargeaient de recueillir le corail. Elles naviguaient depuis les Kornati jusqu'aux bouches du Kotor et au-delà jusqu'au Levant et les îles ioniennes.

     

    En 1843, la commune de Zlarin informa le canton que sur son territoire (Zlarin, Prvic, Zirje, Kaprije) la pêche était effectuée au moyen de 60 " tratas" (la trata est un filet de pêche que l'on tire depuis la terre ferme).

     

    De nombreuses familles connurent l'aisance grâce à la pêche. En font foi les beaux entrepôts dans les baies de Zirje aonsi qu eceux dans les demeures des localités où habitaient les propriétaires de tratas. La trata représentait une source de prospérité domestique. A cette époque on considérait préjudiciables les types de filets suivants: la migavic, le sabakun, le kogol, le balegot, la zagonica, la senadiza, la frondaza, le pobuk ou la buskavica.

     

    Il existe des témoignages selon lesquels la pêche au corail avait été entreprise dès le 13ème siècle dans l'archipel de Zadar. Il est certain que l'on ne tarda pas à en faire autant dans l'archipel de Sibenik, d'autant plus que des gisements de coraux de la plus haute qualité existaient en périphérie de l'archipel de Sibenik, et cela vers le large dans la ragion de Zirje. Des données plus concrètes n'existeront qu'à partir du 17ème siècle. C'est alors que l'on trouve des étrangers qui pêchent le corail en ces eaux. Les principaux récifs étaient déjà connus et les connaissances que l'on en avait sont visiblement le fruit d'une très longue tradition du corail. Un enregistrement vénitien datant de l'année 1563 à propos des dîmes sur le corail recueilli sont l'indice d'une telle tradition. Le gouvernement vénitien considérait le corail comme un trésor appartenant à l'état. C'est lui qui affermait ce bien de l'état avec l'obligation de payer une dîme au trésor. Pour l'essentiel un tel système d'affermage resta identique jusqu'à l'effondrement de l'état vénitien en 1797.

     

    La population s'opposa de plus en plus vigoureusement à ce que ceux qui pêchent le corail le long de la rive de l'Adriatique soient principalement des étrangers. Des conflits fréquents éclataient avec les pêcheurs locaux au point qu'en 1778 on en arriva à une interdiction complète de pêcher le corail. Cependant cette mesure allait être provisoire car dans l'intervalle le Sénat vénitien avait encouragé la chasse au corail en Dalmatie. G.B. Galbiani, un homme d'affaire fortuné de Sibenik, se vit concéder un affermage général sur le corail dans les régions croates et dans toutes les mers du domaine de la Sérénissime.

     

    Le 8 juin 1754, Galbiani conclut un contrat avec dix paruns ( le parun est un propriétaire de navire) de la ville de Trapani dans le sud de l'Italie " à propos d'une compagnie pour la pêche au corail ". Le contrat consistait à ce qu'il pêche le corail mais qu'à ses côtés se trouvent des gens de Zlarin, Prvic et Murter. Le contrat valait pour une saison et fut renouvelé pendant plusieurs années. Par après il fut rompu car l'affaire n'était pas rentable aux yeux de Galbiani.

     

    Ses fils décidèrent en 1781 à redemander une licence. Il la reçurent pour six ans et conclurent un contrat avec quatre paruns de Zlarin qui équipèrent quatre navires. Ils ne pêchaient que de jour et cela pour une seule saison mais ils devaient ensuite ranger leur matériel de pêche dans un hangar et l'année suivante renouveler le contrat. Il en alla jusqu'à l'effondrement de la République de Venise en 1797. Cependant les habitants de Zlarin continuèrent à pêcher sans les moindre licence et en 1776 les autorités leur délivrèrent une promulgation spéciale concernant l'interdiction de pêcher.

     

    Dès la première année du gouvernement autrichien en Dalmatie, les Galbiani avaient reçu une nouvelle licence pour pêcher le corail en Dalmatie pour une période de cinq ans à partir du 1er janvier 1799. Ils avaient l'obligation de construire un atelier à Sibenik pour le travail du corail dans les quatre premières années faute de quoi ils perdraient la licence. En même temps ils s'engageaient à initier la pêche avec quatre barques dirigées par des pêcheurs de Naples qui apprendraient aux gens du coin à pêcher le corail. Les conditions étaient pratiquement semblables à celles en vigueur sous la République de Venise. Les nouvelles autorités se feront elles aussi de plus en plus menaçantes car la pêche sauvage prenait trop d'ampleur. Jamais les Galbiani n'auront fondé l'atelier pour travailler le corail à Sibenik.

     

    A l'époque de l'administration française on proclama la libre pêche du corail en 1808, mais elle valait pour les zones qui n'étaient pas destinées à la pêche aux anchois. La même année Tomo Juranovic dit Makale de Zlarin obtint un bail pour dix ans accompagné de l'obligation que tous les équipages soient de Zlarin. Depuis lors, à l'exception de l'année 1817, les habitants de Zlarin conserveront le bail pour pêcher du corail depuis le Kvarner jusqu'aux bouches du Kotor.

     

    Au cours de la première moitié du 19ème siècle la pêche fut assez intensive et fournit de bons profits. Les vieux litiges avec les pêcheurs aux anchois se poursuivirent. Sont restés enregistrés les contentieux de 1846, lorsque les pêcheurs de corail de Zlarin s'étaient affrontés aux pêcheurs et aux autorités locales des municipalités de Lastovo, Vis et Hvar qui ne leur permettaient pas de pêcher dans leurs abords maritimes quoiqu'ils eussent disposé de licences en ordre.

     

    Dans la seconde moitié du 19ème siècle la pêche au corail allait progressivement fléchir même si en 1868 les autorités autrichiennes avaient supprimé toutes les taxes et proclamé la liberté de pêcher le corail. La production concurrentielle et le traitement final à partir de l'Italie, enplus de nouveaux gisements, rendirent le corail croate non compétitif. En outre, la demande en vin allait augmenter et les affaires maritimes embaucher un nombre croissant de personnes. En 1900, on enregistre que l'artisanat du corail périclite, qu'il n'existe sur Zlarin que trois pêcheurs spécialisés pour le corail et que l'on n'a plus pêché de corail depuis cinq ans.

    Malgré tout on tente à nouveau quelque chose à Zlarin pendant la première décennie du 20ème siècle. En  1904, on pêcha 200kg de corail mais il ne put être vendu. Les pêcheurs de corail passèrent de dures journées. Le 18 avril 1911, on constitua la " Corporative des pêcheus de corail " à Sibenik. Ses membres étaient censés organiser un atelier pour tailler le corail. A cet effet des machines seront commandées en Tchéquie en 1912. Cela démarra correctement et pas mal de coraux furent pêchés sur les bancs de récifs récemment découverts. Néanmoins la chose n'ira guère plus loin car la Première Guerre mondiale débuté et la coopérative fut rapidement liquidée. En 1931, dans le nouvel état, on fonda à Zlarin la " coopérative des pêcheus de corail et d'éponge ". L'année suivante elle comptera 22 membres dont la quote-part dans les affaires atteignait 450 dinars. La coopérative s'attendait  à une aide du gouvernement royal pour l'équipement de plongée grâce auquel on aurait pu descendre à plus de 100 mètres et y recueillir les fruits de la mer. L'équipement n'arriva pas, le corail continua d'être pêché à l'ancienne manière. On constate ua travers du rapport de l'assemblée de l'année 1937 que certains résultats existaient mais qu'ils ne permettaient pas aux membres de pouvoir en vivre étant donné que le corail se vendait difficilement. Il y avait en réserve plus de 113kg de corail, ce qui emmena à conclure que cette année il ne serait pas nécessaire d'organiser la pêche au corail. L'économie de l'île subissait une crise depuis des années. L'activité de la coopérative ne cessait de perdre en vigueur et le Deuxiième Guerre mondiale frappait à la porte. Après la guerre il y eut des tentatives afin de relancer la pêche au corail et son traitement mais sans succès notable si ce n'est l'initiative privée de Viktor Lukin qui maintenait le souvenir de l'ancienne gloire de l'industrie du corail. C'est grâce au tourisme dans les années succédant à la guerre pour la patrie que l'artisanat des orfèvres du corail " Zlarinka " fut renouvelé en 2001. En saison il attire quotidiennement de nombreux groupes d'excursionnistes et préserve le souvenir de ce qui fut jadis spécifique à Zlarin: la pêche et le traitement du plus beau corail rouge au monde.

     

    A côté de Hvar et d'Opatija, Zlarin compte parmi les premières localités sur la rive croate que les touristes visitèrent après la Première Guerre mondiale. La propreté exceptionnelle des villages, les rivages impeccables aux plages superbes ainsi que l'hospitalité de la population, c'est tout cela plus la douceur du climat qui contribuait à ce que Zlarin fasse le plein de touristes. Mais le tourisme après la Deuxième Guerre mondiale ne redémarre pas, la construction de la grande route détourne les touristes vers d'autres destinations, et Zlarin accuse du retard...

     

    L'aménagement du petit hôtel " Koralj " au coeur de la  localité marque à peine l'amorce d'un léger rétablissement de l'activité touristique. Après 1988, l'adaptation de chambres et d'appartements commence à ramener des perspectives dans ce domaine.

     

    Un certain regain de l'activité touristique se signale par la vente de maisons anciennes ardemment rénovées par les habitants de nouvelle souche de Zlarin. Maintes nouvelles maisons sont construites ce qui augmente le nombre d'habitants au cours des mois d'été. Ces dernières année le Yacht club a accru les nombre de ses docks, permettant le développement du tourisme nautique.

     

    Après 1945, la main d'oeuvre émigre systématiquement vers les villes. C'est par dizaines que les habitants de Zlarin obtiennent des appartements à Sibenik et dans d'autres villes, ils y acquièrent un emploi et se rattachent toujours plus à ce nouveau milieu où grandissent de nouvelles générations. De même que leurs parents l'affection les relie à Zlarin mais ils s'insèrent néanmoins dans leur nouvel environnement tandis que l'île devient un lieu de séjour pour les week-end ou les vacances estivales. Les nouvelles générations des jeunes de Zlarin vont grandir ailleurs: Sibenik, Split, Rijeka, Zagreb et même Belgrade. Un nombre important se disperse de par le monde, certains deviendront célèbres.

     

    C'est ainsi que Zlarin a engendré des ramifications aussi bien en Croatie que dans le monde, elle s'est accrue bien plus que le nombre de ses résidents permanents qui d'un hiver à l'autre se font de plus en plus rares. Zlarin a offert l'accolade à de nombreux nouveaux venus qui s'y sont attachés et lui offrent une nouvelle verve et un nouvel entrain. Quantité de nouvelles maisons et de toitures rouges témoignent du nouvel essor dans la construction et la rénovation. Malgré tout c'est aussi le signe du danger qu'il y a d'endommager le rivage avec sa mer limpide et les beautés de l'île si l'on continue de construire de la sorte, sans plan d'aménagement à long terme. L'ouverture de nouveaux postes de travail et le retour des jeunes dans leur localité reste un voeu commun, ce voeu est à la fois un espoir et une foi en un avenir meilleur pour notre précieux bout de terre, notre île de Zlarin.

    Par SLAVKO BJAZIC

    Comments (2)

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    Philippewrote:
     Bonjour, merci pour ton joli passage sur mon blog et les commentaires sympas sur quelques photos  pas jolies parce que télephone portable, mais bon !.. Il y a des photos sur la Corse, bien évidemment... Tu as dû les voir...  Tu es mon invitée, si tu peux, ou si tu veux !!! lol !!!  Nous en reparlerons plus tard... Comment dit-on MERCI en Croate ??? Amitiés...      
    Mar. 15
    Mariewrote:
    Article très intéressant, qui ajouté à tes images donne une vraie envie de connaître ce très joli pays. Un gros bisou.
    Mar. 11

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